Les cérémonies commémoratives du débarquement, qui conduiront à Paris puis en Normandie 17 chefs d'Etat dont le président des Etats-Unis, donnent lieu à des mesures de sécurité sans précédent. Le plan Vigipirate est passé au rouge à Paris et en Normandie depuis le début de la semaine. Plus de 14 000 militaires, 6000 gendarmes, 3300 policiers et 1500 pompiers sont mobilisés sur place pour «gérer des événements qui s'enchaînent rapidement, avec des marges de manœuvre qui ne dépassent pas dix minutes», selon le préfet de Basse-Normandie. La sécurité des personnalités sera assurée par près de 500 spécialistes de la police et de la gendarmerie.

Des centaines de scénarios, de l'incident à la catastrophe, ont été envisagés. Les espaces aériens et maritimes sur 100 kilomètres de côtes et jusqu'à 25 kilomètres à l'intérieur des terres sont l'objet de restrictions voire d'interdictions de circulation. Une «base interarmées de mise en œuvres d'aéronefs» pour la surveillance aérienne a été installée spécialement sur l'aéroport de Caen, complétée par un avion Awacs et des radars au sol.

Des avions et des hélicoptères seront prêts à intervenir dans un délai de une à cinq minutes. Et une flotte de 17 bâtiments sera déployée en mer. Les quelque 800 vétérans, dont la plupart ont plus de 80 ans, seront suivis par 250 infirmières qui les accompagneront des hôtels jusqu'aux sites.

À Paris – où plusieurs manifestations auront lieu samedi après-midi, notamment une contre la réforme de l'assurance maladie et surtout contre la politique américaine au Moyen-Orient – deux zones ont été sanctuarisées.