Ce n’est qu’un détail à l’échelle d’une carrière riche en malversations, mais il en dit long sur le personnage. Lorsque Marian Kocner avait encore la liberté de conduire sa Bentley dans Bratislava, il prenait soin de la garer sur des places pour handicapés afin de ne pas l’abîmer. «Je sais que je viole la loi, mais je paierai l’amende», répondait-il, entre deux insultes, à la presse slovaque qui l’interrogeait sur cette pratique. L’homme d’affaires n’avait pas grand-chose à craindre: il avait probablement corrompu – ou menacé – la personne censée le sanctionner. Voilà une trentaine d’années qu’il régnait, à sa façon, sur ce petit Etat d’Europe centrale de 5,5 millions d’habitants.