Russie

Le meurtre d'un opposant russe a «probablement été approuvé» par Vladimir Poutine

Un juge britannique présente ce jeudi matin ses conclusions dans l’enquête sur la mort de l’ex-espion du KGB

Le président russe Vladimir Poutine a «probablement approuvé le meurtre à Londres de l’opposant russe Alexandre Litvinenko», a estimé jeudi un juge britannique dans les conclusions de l’enquête publique sur la mort de l’ex-espion du KGB.

«L’opération du FSB [nouveau nom du KGB] a probablement été approuvée par M. Patrouchev [Nikolaï Patrouchev, ex-chef du FSB] et aussi par le président Poutine», a ajouté le magistrat dans ses conclusions.

Il accusait Moscou sur son lit d'hôpital

En novembre 2007, sur son lit d'hôpital, l'opposant avait lui-même désigné les autorités russes comme responsables de son agonie. Le 20 novembre, le docteur John Henry, un toxicologue britannique interrogé par la BBC, avait affirmé qu'il n'y a «aucun doute» que l'état alarmant de cet ancien lieutenant-colonel des services secrets russes réfugié en Grande-Bretagne est dû à l'administration d'une dose de poison.

L'empoisonnement remontait au 1er novembre, jour où Alexandre Litvinenko aurait rencontré successivement au centre de Londres deux Russes et «Marco», un contact italien dont il attendait des renseignements sur la mort de la journaliste russe Anna Politovskaïa, assassinée à Moscou le 7 octobre dernier.

Indépendamment de cette dernière enquête, Alexandre Litvinenko ne ménageait pas le pouvoir russe. En 1998, alors qu'il était encore en Russie, il avait affirmé publiquement avoir reçu l'ordre de ses supérieurs de liquider l'oligarque Boris Berezovski. Il avait ensuite été arrêté, détenu neuf mois avant d'être relâché et acquitté.

Des traces de polonium découvertes à l'hôtel Millenium

Passé en Grande-Bretagne, il aurait obtenu l'asile politique en faisant état d'un «harcèlement incessant» du FSB à son endroit. Profitant d'un exil durant lequel il est resté très «actif», selon son porte-parole, il avait accusé, dans un livre publié en 2002, les services secrets russes d'avoir eux-mêmes organisé en Russie une vague d'attentats en 1999 afin de justifier une nouvelle intervention militaire en Tchétchénie.

Des traces d'un produit contenant du polonium avaient été détectées dans l'hôtel Millennium, où l'opposant avait pris le thé le 1er novembre avec les deux Russes et le contact italien. C'est dans cet hôtel que le juge a présenté ses conclusions.

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