Le ministre de la Justice Eric Holder a souligné dans un communiqué que la mort de Trayvon Martin avait été une «tragédie dévastatrice.»

«Si une enquête fédérale complète a conclu à l’insuffisance de preuves pour poursuivre pour crime de haine, la mort prématurée de ce jeune homme nécessite que nous poursuivions le dialogue et que nous n’ayons pas peur de faire face aux problèmes et aux tensions qu’elle a fait remonter à la surface», a affirmé Eric Holder.

L’ancien vigile volontaire George Zimmerman qui faisait une ronde dans son quartier de Sanford en Floride avait tué le 26 février 2012 Trayvon Martin, un adolescent noir de 17 ans, sans arme, sorti acheter des bonbons.

Tensions raciales

L’affaire avait ravivé les tensions raciales aux Etats-Unis et s’était envenimée en 2013 après l’acquittement de George Zimmerman, parvenu à convaincre un jury populaire qu’il avait agi en état de légitime défense. Après le drame, le ministère de la Justice avait ouvert une enquête fédérale pour déterminer s’il y avait des motivations racistes dans le geste de M. Zimmerman.

Des enquêteurs fédéraux ont interrogé 75 témoins, réexaminé avec l’aide d’experts balistiques les déclarations de M. Zimmerman. Ils ont étudié à nouveau les différentes autopsies ainsi que l’ensemble des dépositions de police écrites au sujet du suspect, qui a eu de nombreuses mailles à partir avec les forces de l’ordre depuis son acquittement, a précisé le ministère.

Bavures policières

Cette décision est rendue dans un contexte de tensions particulièrement exacerbées aux Etats-Unis après la multiplication récente de bavures policières à l’encontre de Noirs.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté, avec parfois des émeutes, contre la décision de deux grands jurys de ne pas poursuivre des policiers blancs responsables de la mort de Noirs à Ferguson (Missouri, centre) et à New York.