Certains sont descendus dans la rue en pyjama. A Miami, les scènes de liesse n’en finissent plus du côté de Little Havana, depuis l’annonce, dans la nuit de vendredi à samedi, de la mort de Fidel Castro. Les rues ont été prises d’assaut, avec des drapeaux levés vers le ciel, des cris de joie et des concerts improvisés dans des bars, au son des «Cuba Libre!» et des bouchons de champagne qui sautent. Deux nuits de folie.

Little Havana, c’est le quartier où vivent de nombreux Cubains qui ont fui le régime castriste depuis la prise de pouvoir de Fidel Castro en 1959. Près de 2 millions de Cubains vivent aux Etats-Unis, dont 70% en Floride, en grande majorité à Miami. La plupart ont convergé ces dernières heures vers le Café Versailles, fameux restaurant ouvert en 1971 où les Cubains exilés viennent boire leur «cortadito» et parler politique, toutes générations confondues, à l’ombre des palmiers. A chaque fois qu’une rumeur du décès de Fidel Castro a été lancée – et il y a eu un certain nombre de fausses annonces –, c’est toujours vers ce lieu mythique de Little Havana, situé Calle Ocho, que les Cubains se rendaient. C’est fois, c’était pour de vrai.

Les enfants de l’opération «Peter Pan»

Les scènes de liesse qui défilent à la télévision et sur les réseaux sociaux montrent, dans la foule, la présence de pancartes de la campagne de Donald Trump. Samedi matin, le président élu a d’abord réagi sur Twitter de manière laconique, avec un simple: «Fidel Castro est mort!» Il a ensuite déclaré vouloir tout faire pour contribuer à la «liberté» des Cubains après la mort d’un «dictateur brutal».

Parmi ceux qui célèbrent la mort de Fidel Castro se trouvent d’anciens enfants de l’«opération Peter Pan», une opération coordonnée, entre 1960 et 1962, par les Etats-Unis et l’archidiocèse de Miami, qui a permis à 14 000 enfants dont les parents étaient opposés au gouvernement castriste d’être exfiltrés vers les Etats-Unis. L’afflux de Cubains à Miami a connu son apogée en 1965, après l’inauguration des «vols de la liberté».

Démenti de la sœur

C’est d’ailleurs à Miami que vit Juanita Castro, sœur du Lider Maximo. Exilée en Floride depuis 1964, elle a tenu, samedi, à démentir, dans le «Nuevo Herald», qu’elle se rendait à son enterrement. «En raison des rumeurs malsaines selon lesquelles je me rendrais à Cuba pour les funérailles, je souhaite préciser qu’à aucun moment je ne suis retournée sur l’île, pas plus que je ne compte le faire», a-t-elle précisé. Elle est la seule de la fratrie – ils sont sept – à avoir publiquement dénoncé le régime castriste. Elle avait collaboré sous le nom de code de «Donna» avec la CIA à des plans qui visaient à renverser son frère, ce qu’elle a elle-même dévoilé dans un livre.

La péninsule de Floride et Cuba sont séparés par à peine 150 kilomètres. Des milliers de Cubains ont péri dans ce détroit, noyés ou dévorés par des requins avant d’avoir atteint les rives de la Floride. Samedi, il y a eu beaucoup de joie à Little Havana. Mais de la nostalgie aussi, et de la tristesse, au souvenir des victimes du régime castriste, mortes avant Fidel Castro.


Après la mort de Fidel Castro