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Michael Wolff met le «feu» en version française

Le best-seller du journaliste américain sur la Maison-Blanche sort cette semaine en français. Donald Trump contre les armes? En conférence de presse à Paris ce mercredi, Michael Wolff en a presque ri

Il s’est retenu de rire à propos de Donald Trump et de sa nouvelle volonté affichée de contrôler davantage les ventes d’armes aux Etats-Unis après la tuerie en Floride. Il a préféré redire, via son traducteur, ce qu’il répète depuis des mois: «Vous n’imaginez pas qui a de l’influence dans cette Maison-Blanche. Les conseillers les plus proches du président, hormis les membres de sa famille, sont aujourd’hui une ancienne communicante de mode de moins de 30 ans [Hope Hicks] et un type que Steve Bannon qualifiait de «scribouillard» [Stephen Miller]. Et vous pensez que ces gens vont le détacher du lobby des armes à feu? Je ne le crois absolument pas.»

A propos du livre: Le livre qui met le feu à la maison Trump

Du neuf? Pas vraiment

Michael Wolff était là, ce mercredi, devant quelques correspondants étrangers à Paris, après avoir sillonné les rédactions françaises et les plateaux radio-TV. Son livre Fire and Fury est posé en pile sur les tables de son éditeur Robert Laffont, sous son titre Le Feu et la Fureur.

Du neuf sur Donald Trump? Non. Mais du lourd, du méchant, oui: «Je ne peux que vous le répéter: ces gens comptent parmi les plus stupides que j’ai pu rencontrer dans ma vie d’observateur politique. Gardez en tête juste une chose, l’essentiel: Trump est incapable de penser au-delà de lui-même, de son intérêt personnel et du moment présent. C’est un homme sans contexte. Il est comme un enfant. Il passe son temps à regarder la télévision et à recevoir des délégations qui le flattent et qu’il flatte à son tour…»

Ce président, bien que volontiers affabulateur dans sa conception du monde, prend très au sérieux la manière dont il se voit lui-même

Michael Wolff

Dans la langue de Molière, les mots frappent plus dur encore. Exemple: «Ce président, bien que volontiers affabulateur dans sa conception du monde, prend très au sérieux la manière dont il se voit lui-même. Il réfute donc cette image de type à moitié dingue déambulant la nuit dans la Maison-Blanche en peignoir de bain, comme le montrent les sketches télévisés. «Est-ce que j’ai l’air d’un gars à porter un peignoir de bain?» demande-t-il sans humour à presque toutes les personnes croisées.»

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Il a longtemps été accommodant

Les face-à-face entre le candidat et l’auteur, durant la campagne, devaient être savoureux. Le «tonton flingueur» Michael Wolff, qui tire à vue dans son livre après avoir été longtemps accommodant à l’égard de Trump, est un journaliste tiré à quatre épingles et qui parle sur un ton fort calme.

On comprend que l’équipe de la Maison-Blanche l’ait laissé passer si souvent, comme il l’affirme. Il a sans doute beaucoup utilisé cette posture d’avocat, de confesseur: «Je suis beaucoup moins machiavélique que beaucoup le pensent», a-t-il répondu au Temps. «Trump a aimé certains de mes articles parce qu’il les trouvait flatteurs. Comme lorsque je lui ai donné la parole pour dire tout le bien qu’il pensait du Brexit britannique.» Sauf que juste avant, à l’évocation du mot «Brexit», l’ex-promoteur milliardaire s’était contenté de marmonner, ne sachant pas de quoi il s’agissait.


«Le Feu et la Fureur» (Ed. Robert Laffont), sortie ce jeudi 22 février.

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