Michel Rocard est mort samedi après-midi à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris. Il était âgé de 85 ans. L'information a été confirmé par son fils à l'agence AFP.

Il avait été le Premier ministre de François Mitterrand entre juin 1988 et mai 1991. Michel Rocard a porté longtemps le flambeau de ce qu'on a appelé la deuxième gauche, la gauche réformiste. Il est aussi resté irréductiblement attaché à la construction européenne, quitte à critiquer les options récentes des gouvernements, comme il l'a fait il y a quelques mois sur le plateau de France 24.

Dans la fonction publique après l'ENA

Né à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, le 23 août 1930, Michel Rocard a été nommé inspecteur des finances à sa sortie de l’ENA. Militant de la décolonisation en pleine guerre d’Algérie, il rompt la SFIO pour fonder le Parti socialiste unifié (PSU) en 1960, dont il est secrétaire national de 1967 à 1973. 

Il fut l'inventeur du revenu minimum d'insertion (RMI) et de la contribution sociale généralisée (CSG). On lui doit également la rédaction d'un livre blanc sur les retraites qui fait autorité encore aujourd'hui, rappelle l'hebdomadaire Le Point, auquel il a accordé une interview il y a quinze jours.

Ses derniers mots publics: le besoin de réfléchir...

Dans cette interview, il déclarait, en début de discussion: «Pour diriger une société, il faut la comprendre. Or on ne peut plus se comprendre. On va rentrer tous ce soir chez nous et regarder les infos. Il y aura 60 % de faits divers. On ne nous donne ni la matière ni le temps pour comprendre. Et la presse écrite se laisse entraîner par l'information continue, la télé, Internet... Le système fonctionne pour le divertissement.»


A propos de Michel Rocard