C’est décidé. La conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey ne participera pas aujourd’hui à la conférence contre le racisme qui s’est ouverte ce matin au siège européen de l’ONU à Genève. De plusieurs sources concordantes, Le Temps a appris que la délégation suisse est présidée par l’ambassadeur Dante Martinelli, chef de la mission permanente de la Suisse auprès de l’Office des Nations Unies à Genève. C’est lui qui prendra la parole pour délivrer le message de la Confédération cet après-midi. La délégation helvétique compte aussi des représentants du Département fédéral de l’intérieur, auquel est rattachée la Commission fédérale contre le racisme et l’antisémitisme.

La Suisse a décidé de participer à la conférence puisque le compromis élaboré par le comité préparatoire satisfait dans les grandes lignes à ses exigences. Anticipant un probable dérapage de la conférence quand le président iranien Mahmoud Ahmadinejad prendra la parole cet après-midi et refusant d’y être associée, Micheline Calmy-Rey a jugé sage de renoncer à se déplacer en personne.

Ce faisant, la Suisse s’aligne sur des pays européens comme la France. Paris a aussi longuement hésité à envoyer à Genève une délégation ministérielle. Finalement, ni le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, ni la Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Rama Yade, ne seront à Genève. A une représentation de rang gouvernemental, le président Nicolas Sarkozy a préféré une représentation plus modeste, de niveau diplomatique, dirigée par un ambassadeur.

Parmi les ONG actives sur le terrain des droits de l’homme, c’est la consternation. Bien sûr, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad ne manquera pas d’instrumentaliser la conférence pour accuser Israël d’être «le porte-drapeau du racisme». Mais, entend-on dire à Genève, en refusant d’apporter une réplique gouvernementale, de haut niveau, à ces attaques, les Occidentaux laissent pour le moins s’installer la confusion.