Micheline Calmy-Rey a répliqué mardi aux attaques israéliennes contre la Suisse. Elle a défendu la rencontre de dimanche dernier entre le président de la Confédération et le président iranien. La Suisse représente les intérêts américains en Iran, a-t-elle expliqué.

«La Suisse représente les intérêts américains en Iran. Nous devons avoir des contacts», a déclaré la conseillère fédérale, interrogée par plusieurs journalistes après son discours à la conférence de l’ONU contre le racisme.

«Nous sommes un canal de communication entre les Etats-Unis et l’Iran. C’est notre job», a-t-elle insisté, en précisant que ce n’est pas la Suisse qui a demandé la rencontre avec le président iranien, dimanche à Genève.

Elle s’est déclarée «surprise» par la réaction de Jérusalem et le rappel de l’ambassadeur israélien en Suisse. «Israël avait été informé préalablement de la rencontre» entre le président de la Confédération et le président Ahmadinejad, a dit la cheffe du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).

«J’espère que la crise avec Israël ne durera pas. J’espère que l’ambassadeur va revenir», a-t-elle ajouté, en soulignant que la Suisse est une amie d’Israël. Elle a souhaité avoir un contact avec son homologue israélien.

Mme Calmy-Rey a qualifié d’»inacceptables» les propos tenus lundi à Genève par Mahmoud Ahmadinejad. «Nous ne partagons pas ses vues sur l’Holocauste», a-t-elle dit à un journaliste israélien.

Elle a expliqué que la Suisse n’est pas sortie de la salle de l’ONU, comme les pays de l’Union européenne «parce que la Suisse n’est pas partisane de la chaise vide». «Nous ne voulons pas laisser le champ libre à d’autres, c’est pour cela que nous sommes restés», a-t-elle expliqué.