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Michelle Bachelet à Genève, ce lundi 10 septembre 2018.
© AFP / FABRICE COFFRINI

Droits humains

Michelle Bachelet fait ses premiers pas en tant que haut-commissaire aux droits de l'homme

Lors de sa première intervention devant le Conseil des droits de l’homme au Palais des Nations ce lundi matin, la Chilienne a rappelé son passé de détenue politique de la dictature de Pinochet, un passé qui devrait influencer sa manière de mener son mandat de quatre ans

Pour ses premiers pas en tant que haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet savait qu’elle allait être très observée. Succéder au Jordanien Zeid Ra’ad al-Hussein, très incisif quand il s’agissait de dénoncer les Etats et dirigeants abuseurs des droits humains, n’est pas une tâche facile, admettent nombre d’observateurs.

«Les droits de l’homme sont l’expression de l’objectif central des Nations unies. Nous ne pourrons obtenir la paix, la sécurité et le développement durable pour toute société que si nous développons la dignité et l’égalité de tous les êtres humains», a déclaré la Chilienne, qui a entamé son mandat de haut-commissaire le 1er septembre.

Lire aussi: L’ex-présidente chilienne Michelle Bachelet prend la tête des droits de l’homme de l’ONU

Détenue politique

Michelle Bachelet est intervenue pour la première fois devant le CDH, a-t-elle souligné, un jour avant le 45e anniversaire du coup d’Etat ayant porté le dictateur Augusto Pinochet au pouvoir au Chili. Un détail qui n’est pas anodin. La patronne du Palais Wilson à Genève a vécu dans sa chair la dictature chilienne en tant que détenue politique du régime. Comme son père, un général, et sa mère, elle a été torturée par les forces de Pinochet. «J’ai aussi été un réfugié et un médecin, y compris pour des enfants torturés.»

La haut-commissaire s’est dite fière de constater que son pays, le Chili, a été «capable de surmonter les divisions et de relever de vastes défis» dont celui de restaurer les institutions. Son parcours va inévitablement influer sur sa manière de gérer le Haut-Commissariat. Présidente du Chili pour deux mandats, directrice exécutive d’ONU Femmes, Michelle Bachelet ne va pas découvrir les rapports de force qui caractérisent souvent les débats sur les droits de l’homme.

Or ces derniers sont pris d’assaut un peu partout. Il suffit de mentionner le Yémen, la Birmanie, la Syrie, le Nicaragua ou encore le Venezuela pour avoir un exemple criant de graves violations des droits fondamentaux. «J’apporte à la cause des droits humains la diversité des cultures qui ont nourri mon approche du service public», a ajouté la haut-commissaire, qui parle parfaitement l’allemand, elle qui a mené, dans sa jeunesse, des études à Leipzig et à Berlin.

Quitter le Conseil des droits de l’homme en cas de désaccord n’est pas la solution

Dans son premier discours, elle a délibérément évité de clouer au pilori des Etats en particulier. Elle a tout de même souligné que le CDH se devait d’éviter les disputes stériles. Elle a martelé, en référence subtile aux Etats-Unis qui viennent de claquer, en juin dernier, la porte du CDH, que quitter le Conseil des droits de l’homme en cas de désaccord n’était pas la solution.

Poursuivant sur la ligne de son prédécesseur, Michelle Bachelet a aussi mis en garde contre les barrières et «murs» érigés contre les migrants, contre le refus de garantir à ces derniers leurs droits fondamentaux, contre la pratique consistant à séparer les enfants de leurs parents migrants et contre le déni du droit au non-refoulement. Le message était manifestement destiné notamment à l’Europe et aux Etats-Unis. «C’est dans l’intérêt de chaque Etat d’adopter des politiques migratoires ancrées dans la réalité et ne répondant pas à des réactions de panique.»

Comme premier geste, la haut-commissaire a accepté de rencontrer le le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Jorge Arreaza, qui s'est exprimé lundi matin au CDH en termes virulents contre l'agression économique, politique et médiatique menée contre son pays. Un contraste avec le discours axé sur la nécessité de consensus de Michelle Bachelet.

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