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Le prince Ra’ad Zeid al-Hussein, 4 mai 2017.

Genève internationale

Microsoft verse 5 millions pour le Haut-Commissariat aux droits de l'homme

Jamais le secteur privé n'avait-il apporté une aide de ce type à l'institution onusienne. La première a été annoncée ce mardi. Les discussions avec Microsoft débouchent sur un accord de partenariat inédit, pour que les technologies servent à mieux analyser les crises en matière de droits de l'homme dans le monde

Pour le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, installé dans le Palais Wilson à Genève, c'est une première. L'organisme dirigé par le Jordanien Zeid Ra'ad al Hussein vient de conclure un partenariat de cinq ans, à hauteur de cinq millions de dollars avec Microsoft. Pour le géant américain, ce geste résulte d'une prise de conscience: la technologie peut aider la cause des droits humains et le secteur privé se doit d'y apporter sa contribution.

Le président de Microsoft justifie ce partenariat: «En tant que société internationale consciente des problèmes mondiaux, nous pensons qu’il est de notre responsabilité de contribuer à leur résolution. (...) Il existe ici des possibilités inexploitées d’utiliser la puissance des technologies pour recueillir des données, les analyser, et ainsi donner à l’Organisation des Nations unies les moyens de promouvoir les droits de l’homme aux quatre coins du globe.»

Parmi les solutions technologiques dont le Haut-Commissariat aux droits de l'homme devrait bénéficier, figure notamment l'application Rights View, un tableau de bord utilisant le cloud ainsi que le big data, qui permettra de surveiller en temps réel la situation des droits de l'homme dans un pays spécifique. 

Microsoft promet par ailleurs de collaborer étroitement avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme pour promouvoir la responsabilité des entreprises dans ce domaine. 

«Cet accord pourrait marquer un véritable tournant,» a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al Hussein. «Nous vivons dans un monde en évolution permanente, où la technologie peut être utilisée pour résoudre les problèmes en rapport avec les droits de l’homme, mais où elle peut aussi être détournée pour porter atteinte à ces droits. Selon la même logique, certaines entreprises pourront transgresser les droits des individus, quand d’autres se positionneront comme une force progressiste de premier plan dans ce domaine.»

«Microsoft n'achète pas notre silence»

Un tel accord met-il en danger l'indépendance du Haut-Commissariat? Chef des relations extérieures du Haut-Commissariat, Laurent Sauveur est catégorique: «Nous avons pris de nombreuses précautions. Nous avons eu une procédure serrée de "due diligence". Microsoft a déjà collaboré avec d'autres agences onusiennes et manifeste un réel engagement pour les droits de l'homme.» Et Laurent Saveur d'ajouter: «Microsoft n'achète pas notre silence. Nous serons toujours libres de nous exprimer comme nous l'entendons au sujet de la société. Quant aux risques de conflit d'intérêts, ils sont sous contrôle. Tout le matériel Microsoft acheté par l'ONU est un aspect géré intégralement par le secrétariat général (à New York). Microsoft ne peut se garantir aucun avantage auprès de l'ONU. Le cadre est clair.»

Les contacts avec Microsoft remontent au Forum économique de Davos voici quelques années, entre Brad Smith, qui était alors vice-président de Microsoft, et Navi Pillay, qui avait précédé Zeid Ra'ad al Hussein à la tête du Haut-Commissariat. Une collaboration pro-bono s'était mise en place entre 2013 et 2016. Mais en juin 2016, Brad Smith est venu à Genève au Haut-Commissariat et un terrain d'entente a été trouvé pour que sa société et le Haut-Commissariat coopèrent. «Cela s'inscrit aussi dans notre vision des choses. Nous souhaitons, conclut Laurent Sauveur, être très forts dans le domaine numérique.»

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