Élections

«Midterms»: ce qu’il faut savoir

Si les démocrates reprennent la Chambre des représentants, ils pourront compliquer la seconde partie du mandat de Donald Trump. Le tour des enjeux

Election Day: le jour J arrive après une violente campagne, qui s’est caractérisée ces derniers jours par un Donald Trump frénétique enchaînant les meetings pour soutenir des candidats républicains. Le président a profité de l’actualité à la frontière avec le Mexique – l’arrivée d’une caravane de migrants – pour placer le sujet brûlant de la migration au cœur de la campagne et électriser sa base électorale. Il joue gros avec ces élections de mi-mandat, qui dans les faits se transforment en un référendum «pro ou anti-Trump». Voici ce qu’il faut retenir de ces «midterms» atypiques.

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Les enjeux

Ce 6 novembre, les Américains renouvelleront l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants, ainsi que 35 des 100 sièges du Sénat. Hors Congrès, 6665 sièges des pouvoirs exécutif et législatif locaux seront aussi remis en jeu. Trente-six Etats et trois territoires (Guam, les îles Mariannes du Nord et les îles Vierges des Etats-Unis) élisent par ailleurs leur gouverneur. Et 30 procureurs seront soumis au scrutin populaire. Les Américains devront également se prononcer sur près de 160 référendums locaux.

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Mais c’est bien sur le Congrès qu’il faut avoir les yeux rivés. Si les démocrates reprennent la Chambre des représentants – ils doivent pour cela grappiller 23 sièges et la plupart des sondages estiment qu’ils parviendront à renverser la vapeur –, ils seront en mesure d’exercer une plus grande influence sur la seconde moitié du mandat du président. Ils pourront par exemple lancer des enquêtes sur les soupçons de collusion entre l’équipe de campagne de Trump et les Russes pendant la présidentielle de 2016, voire même une procédure de destitution (impeachment).

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Au Sénat par contre, les républicains devraient conserver leur majorité. Ils n’y règnent que grâce à une courte avance de 51 voix contre 49, mais ils n’ont que neuf sièges à défendre, contre 26 pour les démocrates.

La participation

La mobilisation pourrait s’avérer historique. Levi’s va par exemple jusqu’à inciter à voter dans les cabines d’essayage! Lyft et Uber y mettent aussi du leur, en promettant des tarifs préférentiels le jour J. Le taux de participation va-t-il dépasser les 50%, ce qui représenterait un record jamais atteint depuis 1914 pour des élections de mi-mandat? Au moins 34 millions d’électeurs ont déjà voté, 20% de plus que lors des votes anticipés aux «midterms» de 2014, où seuls 37% des Américains s’étaient mobilisés. La participation aux présidentielles dépasse, elle, généralement les 60%. C’était le cas en 2016, avec 61,4%.

Cette année, les femmes portées par le mouvement #MeToo et les jeunes pourraient faire la différence. Les femmes n’occupent actuellement que 20% des sièges au Congrès, mais 200 démocrates et 60 républicaines se présentent, un chiffre record. Près de 6 millions d’Américains restent toutefois privés du droit de vote en raison de règles électorales en vigueur dans leur Etat, surtout des détenus, ainsi que des personnes qui ont purgé une peine de prison. Or il s’agit souvent de représentants de minorités, qui sont plutôt enclins à voter démocrates.

Les coûts

Ces «midterms» seront les plus coûteuses de l’histoire américaine, selon le Center for Responsive Politics. Les dépenses totales pourraient pour la première fois dépasser les 5 milliards de dollars. En 1998, ces coûts n’étaient que de 1,7 milliard. Ils ont dépassé les 2 milliards en 2002 et les 3,5 en 2010. Il y a quatre ans, les fonds récoltés par les candidats frisaient les 4 milliards.

Les thèmes

L’économie et la santé sont au cœur du scrutin, talonnées par la migration et la sécurité. La question des armes, très vive après la fusillade de Parkland qui a fait 17 morts en février, apparaît un peu plus en marge dans les préoccupations des électeurs.

L’implication de Barack Obama

L’ex-président a fait campagne pour pousser les démocrates à voter et dénoncer les «mensonges» de son successeur. Devant l’importance des enjeux, Barack Obama n’hésite pas à hausser le ton. Il agit comme une locomotive dans un parti qui manque de leadership. «Ces républicains mentent de façon flagrante, répétée, audacieuse, éhontée. Ils inventent n’importe quoi!» a-t-il par exemple lancé lors d’un meeting politique dans l’Indiana. «Quand les gens ne disent pas la vérité, cela ne doit pas rester sans conséquences.»

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Les personnalités qui marquent

Au Texas, le républicain Ted Cruz défend son siège au Sénat avec difficultés face au démocrate Beto O’Rourke, devenu l’une des figures montantes de son parti.

En Floride, le duel le plus suivi est celui que se livrent le démocrate Andrew Gillum, qui espère devenir le premier gouverneur noir de l’Etat, et le républicain Ron DeSantis.

A New York, Alexandria Ocasio-Cortez, une jeune Hispanique sans expérience politique, avec un programme très à gauche et fan de Bernie Sanders, a créé la surprise. A 29 ans, elle pourrait devenir la plus jeune élue du Congrès.

Dans le Vermont, Christine Hallquisit, une femme transgenre démocrate, espère battre le républicain sortant Phil Scott pour le poste de gouverneur. Ce sont dans les circonscriptions qui tanguent le plus entre démocrates et républicains que ces derniers marchent sur des œufs, le soutien de Trump pouvant s’avérer gênant et leur nuire.

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Les élections américaines de mi-mandat sur www.letemps.ch: un point de situation mardi en fin de soirée, et notre suivi en continu mercredi dès 4h. du matin.

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