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Le Conseil de sécurité de l'ONU en réunion, New York, juillet 2018.
© Justin Lane/EPA ©

Multilatéralisme

Mieux communiquer sur l’ONU: le nouveau but de la diplomatie suisse

L’actuel chef de l’information du Département fédéral des affaires étrangères, Jean-Marc Crevoisier, sera chef de la communication de la politique multilatérale à New York à partir de l’été 2019. Avec, en arrière-plan, la candidature de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU

La nouvelle a été annoncée jeudi. A partir de l’été 2019, l’actuel chef de l’information du Département fédéral des affaires étrangères, Jean-Marc Crevoisier, va changer d’affectation. Il sera le chef de la communication de la politique multilatérale de la Suisse à New York. «La Suisse engage beaucoup de moyens et de personnel dans le multilatéralisme. L’idée est de rendre plus compréhensible sa politique multilatérale», précise Jean-Marc Crevoisier. L’intention de la diplomatie suisse n’est pas de faire les gros titres du New York Times chaque jour, mais d’appliquer le principe selon lequel «la politique étrangère est de la politique intérieure».

Lire également notre éditorial: La Suisse doit assumer sa neutralité active

Rendre intelligible

Derrière cette étrange formule, pas de révolution de palais, le poste qu’occupera Jean-Marc Crevoisier existant déjà, mais une volonté de dynamiser la communication sur ce que fait réellement la diplomatie suisse auprès du siège de l’ONU à New York. Il importera de rendre plus intelligibles les thématiques qui y sont abordées et qui concernent au premier chef la Confédération. Un exemple: le Pacte mondial sur les migrations annoncé en 2016, qui devrait être adopté par l’ONU à New York en septembre, reste largement méconnu du public et des parlementaires suisses. La mission de Jean-Marc Crevoisier consistera précisément à expliciter les enjeux du pacte et ses incidences sur la politique intérieure suisse. Un tel exercice d’explication se fera pour la Berne fédérale, mais aussi à travers des tribunes libres dans la presse. L’objectif sera enfin de renforcer le réseau entre les missions suisses de New York, Genève voire même de Vienne.

Lire aussi: Genève sous la menace de Donald Trump

La concomitance de cette annonce avec un article récent paru dans le Tages-Anzeiger au sujet de la candidature suisse à un siège au Conseil de sécurité pour deux ans (2023-2024) est fortuite. La future fonction de Jean-Marc Crevoisier ne s’attache pas spécifiquement à cette candidature. Il est pourtant difficile de ne pas établir un lien entre la nécessité pour la Suisse de promouvoir au mieux ses chances de siéger un jour au sein de la plus haute instance politique de l’ONU et le renforcement de la communication au sein de la mission suisse à New York.

Or, à en croire le quotidien alémanique, la candidature au Conseil de sécurité, lancée en 2011 par le Conseil fédéral avec le large soutien des deux commissions de politique extérieure des Chambres, serait en danger. Contestée d’emblée par l’UDC, elle ferait désormais face à des vents contraires en provenance de certains élus du PDC et du PLR. Présidente de ladite commission du Conseil national, la Bâloise Elisabeth Schneider-Schneiter prédit déjà qu’il sera «difficile» d’obtenir une majorité au parlement fédéral pour une telle candidature. Son chef de parti, Gerhard Pfister, s’y oppose depuis toujours. Le PLR zurichois Hans-Peter Portmann estime qu’une majorité de son groupe parlementaire y serait aussi opposée.

Principal argument: la neutralité serait altérée. Or le Conseil fédéral ne semble pas prêt à céder. Il estime qu’il est de sa compétence de décider d’une telle candidature, même si Ignazio Cassis est prêt à faire le point de la situation avec le parlement cet automne.

Neutralité pas touchée

Manifestement, le contexte politique de 2018 n’est plus celui d’il y a sept ans. Les populismes ont le vent en poupe. Le président américain, Donald Trump, qui rue dans les brancards onusiens, justifierait aussi en partie le regard plus critique d’élus suisses jeté sur le siège convoité par Berne au Conseil de sécurité. Ex-cheffe de la diplomatie helvétique en fonction au moment de l’annonce de la candidature, Micheline Calmy-Rey reconnaît que le Conseil de sécurité n’est pas parfait, mais elle le confie au Temps: «Le Conseil de sécurité fait partie intégrante du système de sécurité collective auquel la Suisse a adhéré. Il n’est pas question ici de décider de faire la guerre ou non, mais au contraire de tout faire pour rétablir la paix et la sécurité. Cela ne touche pas la neutralité.»

Les défenseurs de la candidature restent sereins et voient dans cette apparente révolte un «simple épisode estival», qui pourrait toutefois occuper les ambassadeurs «onusiens» de la Suisse rassemblés lors de la prochaine Conférence des ambassadeurs dans deux semaines.

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