«L’Italie fait ce qu’elle doit faire (...) et même beaucoup plus, en sauvant des dizaines de milliers de vies humaines et en accueillant les réfugiés», a déclaré le ministre, décrivant son pays comme «un modèle positif au niveau international».

En recevant le président français François Hollande lundi à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel avait demandé que la Grèce et l’Italie mettent en place «cette année» les centres d’enregistrement des migrants dont la création a été décidée en juin. Mais pour M. Gentiloni, «demander à la Grèce et à l’Italie de faire leur devoir sur l’immigration est comme dire à un pays frappé par une inondation d’accélérer la production de parapluies».

Revoir les accords de Dublin

«L’Europe a besoin d’aller dans la direction exactement opposée à celle qui consiste à taper sur les pays situés sur sa frontière extérieure», a insisté le ministre en appelant une nouvelle fois à une «européanisation de la gestion des flux».

«Cela peut sembler ambitieux, mais (...) c’est la seule voie possible. Les migrants arrivent en Europe, pas en Italie, en Grèce, en Allemagne ou en Hongrie. Au train où vont les choses, on risque de remettre Schengen en cause et de revenir aux anciennes frontières».

Interrogé sur la mise en place des centres d’enregistrement, le ministre a répété qu’il fallait d’abord revoir les accords de Dublin sur le droit d’asile, qui obligent les demandeurs d’asile à déposer leur dossier dans le premier pays européen où ils ont été enregistrés.

Mais les pays du nord de l’Europe, Allemagne en tête, reprochent à l’Italie et à la Grèce de ne pas chercher à identifier les nouveaux arrivants, permettant à nombre d’entre eux de poursuivre leur route pour déposer ailleurs leur demande d’asile.