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Le président français Emmanuel Macron à Quimper, le 21 juin 2018.
© Stéphane Mahé / Reuters

International

Sur les migrants, Emmanuel Macron face à l’Europe

Le président français défend l’idée de sanctions financières contre les pays de l’Union européenne qui refusent d’accueillir des migrants. Ce bras de fer dominera la conférence organisée à Bruxelles ce dimanche au niveau des chefs d’Etat

Deux propositions qui peuvent faire exploser l’Union européenne: ce dimanche à Bruxelles, Emmanuel Macron risque de se retrouver bien seul pour défendre, d’une part, la création de centres fermés aux portes de l’UE pour les migrants et, d’autre part, l’instauration de sanctions financières contre les Etats membres de l’Union refusant d’assumer une part du fardeau migratoire en provenance d’Afrique et du Moyen-Orient.

Ces deux propositions ont été rodées par l’Elysée avec les deux principaux alliés de la France sur ce dossier: la chancelière allemande, Angela Merkel, et le nouveau président du Conseil espagnol, Pedro Sanchez, qui était accueilli à Paris samedi. Mais pour l’heure, Emmanuel Macron est celui qui s’est le plus avancé. Au point de déclencher les foudres du ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, qui redoute d’être mis devant le fait accompli alors que Rome vient à nouveau de refuser l’accès à ses ports au Mission Lifeline, un autre navire de secours avec à son bord plus de 200 migrants africains recueillis en Méditerranée, dans les eaux internationales.

Lire aussi: Bruxelles rêve de «désembarquer» les migrants

La ténacité d’Emmanuel Macron est lestée de sérieuses ambiguïtés. Le gouvernement français, qui a expédié une mission de son office pour la protection des réfugiés à Valence, pour sélectionner les migrants éligibles à l’asile en provenance du navire Aquarius accepté par l’Espagne samedi dernier, conjugue ses initiatives européennes avec une fermeté très controversée. Paris n’avait pas proposé à l’Aquarius l’accès à l’un des ports, malgré la proximité géographique. La France n’a pas non plus donné suite à la proposition des autorités régionales corses de laisser débarquer les migrants sur l’île. Cela au moment où le Sénat français (contrôlé par l’opposition de droite) débat du projet de loi sur l’asile et l’immigration maîtrisée, destiné à renforcer les contrôles. Dans une prise de position très médiatique, le défenseur des droits Jacques Toubon, ancien ministre gaulliste, a réaffirmé ce week-end que la France n’avait pas rempli ses obligations humanitaires en laissant l’Espagne seule face au drame de l’Aquarius.

L'adversaire Orban

Pour Emmanuel Macron, l’adversaire du jour à Bruxelles sera l’un des absents du mini-sommet, à savoir Viktor Orban. Le premier ministre hongrois vient d’interdire aux organisations humanitaires de prendre la défense des migrants dans son pays, et il a convaincu les pays riverains – Pologne, République tchèque et Slovaquie – de boycotter la réunion dominicale destinée à tester différentes solutions avant le Sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement des 28 et 29 juin. Difficile, dès lors, d’obtenir un consensus sur l’idée de sanctionner financièrement les pays qui refusent toute solution alternative au rejet pur et simple des migrants. Le président français aura, en plus, fort à faire avec les pays voisins de l’Union européenne, qu’il essaie de convaincre d’accepter des centres de regroupement des migrants, pudiquement baptisés «hotspots».

La Tunisie, sollicitée, s’inquiète d’une telle option et les pays africains sahéliens, directement concernés, ont déjà fait connaître leurs réticences. Un front méditerranéen compliqué pour Emmanuel Macron qui sera, le 3 juillet, au sommet de l’Union africaine à Nouakchott, en Mauritanie. Sans une solution européenne acceptée par tous, obtenir l’accord des pays africains de départ et de transit apparaît juste, à ce stade, impensable et impossible.

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