A la capitainerie du port de Saint-Malo, l’officier responsable note scrupuleusement le récit fait par le patron d’un chalutier de retour dans la cité corsaire. A la mi-août, celui-ci s’est retrouvé confronté à une scène que l’on croyait jusque-là tristement réservée à la Méditerranée: une trentaine de migrants, dont une dizaine d’enfants, agglutinés sur deux hors-bord pneumatiques, stoppés en pleine mer par un navire de la Marine française alors qu’ils croisaient en plein milieu de l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde.

Le patron pêcheur, de retour des côtes scandinaves, n’a pas eu besoin de se dérouter. Les autorités des principaux ports de la Manche et de la mer du Nord ont en revanche reçu pour consigne de recenser tous les incidents de ce type. Motif: leur recrudescence. Depuis janvier, près de 1500 migrants clandestins ont été interceptés alors qu’ils tentaient de gagner les côtes anglaises par la mer. Soit trois plus qu’en 2018.