Les britanniques sont en Europe parmi les plus réticents à accueillir des réfugiés. La victoire des conservateurs lors des législatives de la semaine dernière va contribuer à durcir la position de Londres. David Cameron ne fait pas de secret son intention d’obtenir des concessions de Bruxelles, notamment en matière d’immigration. Mais sa ministre de l’Intérieur, Theresa May, connue pour ses positions anti-immigration avec un sens de l’outrance qui frôle le ridicule, est allée plus loin dans une interview publiée mercredi dans le magazine The Time: elle prône le renvoi manu militari des rescapés sauvés en Méditerranée, vers la Libye, la Syrie ou le Nigéria. En clair, autant les remettre à l’eau, un sac de sable lesté aux chevilles.

Cela tombe au plus mal alors que les Européens veulent justement obtenir, doivent obtenir, une meilleure répartition de l’accueil des réfugiés. Selon la Commission européenne, chaque Etat doit contribuer à l’effort commun, en fonction de quotas. Ce que refuse catégoriquement Theresa May, pour qui «la Grande-Bretagne ne participera pas à un système contraignant de répartition des nouveaux arrivants entre les pays européens». La raison? Elle craint que cela n’encourage les migrants à qui il faudrait au contraire donner un signal fort: ils ne sont pas les bienvenus.

Bruxelles ne pourra pas contraindre Londres à assouplir sa politique migratoire. David Cameron ne sera d’ailleurs pas seul sur cette ligne intransigeante, il aura le soutien de la Hongrie, de la Bulgarie et d’autres encore, mais ce bras de fer pourrait préluder de désaccords plus grands encore lorsque David Cameron voudra renégocier avec Bruxelles le rôle du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne.