L’avertissement est venu d’Ankara. Lorsque, le 5 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a de nouveau menacé «d’ouvrir les portes de l’immigration» vers l’Union européenne, avec le risque d’un nouvel afflux d’embarcations de fortune en mer Egée, la Direction des migrations et des affaires intérieures de la Commission européenne a compris le message. Dès l’entrée en fonction du nouvel exécutif communautaire le 1er novembre, après les auditions des commissaires désignés par le Parlement européen ces prochaines semaines, le dossier de la répartition des migrants au sein des 27 Etats membres de l’UE et celui de la révision des Accords de Dublin si souvent évoquée seront sur le dessus de la pile. S’y ajoutera la question d’une nouvelle aide financière à la Turquie, après le déblocage de 3 milliards d’euros en 2018.

Une réforme pour aider la Grèce, Chypre, l’Espagne et l’Italie

«Chaque jour ou presque, le nouveau gouvernement grec (constitué après les élections du 7 juillet 2019 et remportées par le premier ministre conservateur Mitsotakis) nous presse d’agir, explique au téléphone un haut fonctionnaire bruxellois. Ils redoutent de se retrouver coincés entre des arrivées massives et une lenteur accrue des procédures qui permettraient de désengorger les camps, comme le regroupement familial.» Idem lundi 23 septembre à Malte, où se réunissaient les ministres de l’Intérieur allemand, français et italien, pour traiter de l’accueil dans les ports méditerranéens.