Le dossier le plus «toxique» de la présidence allemande qui pourrait encore demander «des années» pour trouver un accord. C’est avec ce postulat de départ très pessimiste livré par un diplomate européen la semaine dernière que l’Allemagne lancera ce 8 octobre les discussions sur le nouveau Pacte migratoire de la Commission. Les ministres de l’Intérieur de l’UE et des pays associés comme la Suisse seront en effet invités à donner (en vidéoconférence) leurs premières impressions. La conseillère Karin Keller-Sutter en sera.

Présenté le 23 septembre, ce pacte veut rompre avec les échecs de la Commission Juncker sous laquelle tout progrès avait été rendu impossible en raison de l’obligation d’accueil des demandeurs d’asile rejetée en bloc par les pays de l’Est, Hongrie et Pologne en tête. Le nouveau pacte tente donc d’arrondir les angles avec eux et d’élargir le champ d’action contre l’immigration irrégulière. Il propose d’accélérer les retours et crée une nouvelle procédure d’identification des migrants arrivant aux frontières extérieures; il jette aussi la réforme actuelle – et dans l’impasse – du système de Dublin pour la remplacer par un nouveau texte assouplissant le critère de première entrée.