Les Etats-Unis sont-ils toujours aux côtés des Européens? Alors que le doute s'est installé dans les chancelleries européennes depuis l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche, son vice-président était samedi en mission de déminage en Allemagne. «Je suis venu vous livrer ce message du président des Etats-Unis: nous soutenons fermement l'Otan, notre alliance transatlantique est inébranlable», a expliqué Mike Pence devant la chancelière allemande Angela Merkel et des dizaines de chefs d'Etat et de ministres de la défense européens dans le cadre de la Conférence sur la sécurité de Munich.

Ces derniers mois, Donald Trump avait qualifié l'organisation de défense transatlantique d'«obsolète» et questionné la solidité de son article 5 – qui implique une intervention de tous les Etats aux côtés d'un Etat membre qui serait agressé – pour les pays qui ne participeraient pas suffisamment au financement d'une défense commune. Les liens supposés de l'administration Trump avec la Russie, ainsi que les déclarations admiratives du président américain envers son homologue russe ont également jeté le trouble chez certains responsables européens, notamment à l'est.

Ne pas oublier l'article 3

«Vos combats sont nos combats, vos succès sont nos succès», a poursuivi Mike Pence, se faisant toujours le porte-voix de Donald Trump. Le vice-président a rappelé les sacrifices consentis de part et d'autres alors que l'on va célébrer le centième anniversaire de l'entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne en 1917. «Nous n'oublierons jamais que la première et unique fois où l'article 5 de l'Otan a été activé fut au lendemain des attaques contre l'Amérique, le 11 septembre 2001. Plus de 1100 soldats de l'Otan sont morts dans cette mission. Nous serons toujours votre plus grand allié.»

Si l'article 5 reste la pierre angulaire de l'Otan aux yeux des Etats-Unis, Mike Pence a toutefois souligné que l'article 3, celui qui implique un partage du fardeau, n'était pas moins important. «A ce jour, seuls les Etats-Unis et quatre autres pays remplissent l'objectif de dépenses minimum. Donald Trump attend des alliés qu'ils réalisent leurs engagements. Il est temps de faire davantage.»

Retour à la dissuasion militaire

Les pays membres de l'Otan se sont engagés lors d'un sommet au Pays de Galles en 2014 à consacrer 2% de leur PIB au budget de la défense d'ici 2024. Le message américain n'est toutefois pas nouveau. Depuis plusieurs années, Washington demande à ses alliés d'en faire plus sur le plan militaire. Mais alors que l'administration de Barack Obama avait une vision plus large de la notion de sécurité – en insistant sur l'approche diplomatique et le multilatéralisme – le nouveau pouvoir américain revient à un discours ancré avant tout sur la dissuasion. «Donald Trump croit que la force dépend avant tout de la puissance militaire. Les Etats-Unis vont renouveler leur armée, l'Amérique sera plus forte que jamais», a poursuivi Mike Pence.

Le vice-président a par ailleurs listés les «nouvelles» menaces du moment: le terrorisme et l'islam radical, l'Iran et la Corée du Nord. La Chine n'a pas été mentionnée. Quant à la Russie, Mike Pence s'est contenté d'évoquer la question ukrainienne: «Les Accords de Minsk restent la référence. Les Etats-Unis vont continuer à demander des comptes à la Russie.»