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Au milieu des décombres à Gênes, la recherche effrénée de survivants

Une dizaine de personnes a déjà pu être sauvée sous les décombres, et des centaines de secouristes continuent à rechercher des survivants. Des pompiers français sont venus apporter leur aide

Dans un amas impressionnant de tôles et de béton, des centaines de secouristes fouillent les décombres du viaduc qui s'est effondré mardi à Gênes, à la recherche de survivants. Sur place, personne ne se hasarde à évoquer un bilan. Le ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, actuellement en déplacement en Sicile, a parlé d'au moins une trentaine de morts et de nombreux blessés graves.

Dans la nuit, des sources au ministère de l'Intérieur citées par les médias italiens ont donné un bilan de 31 morts dont cinq non identifiés et 16 blessés dont 12 graves. «C'est une catastrophe qui a frappé Gênes et toute l'Italie. Un drame effrayant et absurde s'est abattu sur des personnes et des familles», a déclaré le président italien Sergio Mattarella dans un communiqué, qui a appelé à «un examen sérieux et sévère des causes» du drame. 

A la tombée de la nuit, dans un amas impressionnant de tôles et de béton, des centaines de secouristes fouillaient les décombres du viaduc avec l'aide de chiens, à la recherche de survivants. Selon la protection civile italienne, en comptant tous les personnels impliqués (pompiers, policiers, Croix-Rouge...), les secours ont mobilisé un millier de personnes.

«L'espoir ne cesse jamais, nous avons déjà sauvé une dizaine de personnes sous les décombres, on va travailler 24 heures sur 24 jusqu'à ce que la dernière victime soit secourue», assure à l'AFP un responsable des pompiers, Emanuele Giffi. Venu du Piémont voisin, il est chargé de coordonner les recherches dans les trois zones principales où sont tombés les débris. «Il y a des bâtiments qui ont été touchés mais il semble que toutes les victimes se trouvaient sur le pont», à 45 mètres de hauteur, qui s'est effondré sur plus de 200 mètres de longueur, ajoute-t-il.

«Les opérations se poursuivent ce soir et vont durer toute la nuit», a déclaré ce responsable. «Les 240 pompiers engagés vont se relayer toute la nuit en travaillant à la lumière des projecteurs». «Sur certaines zones, après une première phase où les cavités ont été explorées par les personnels, nous faisons intervenir maintenant des pelleteuses pour déplacer les morceaux de béton les plus volumineux pour retrouver des victimes», a-t-il expliqué.

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En ce week-end du 15 août, la zone industrielle que le pont enjambait était heureusement quasiment vide. La zone est entièrement bouclée par les forces de l'ordre, qui ne laissent entrer que les services de secours, bloquant les curieux à environ 300 mètres de distance. Non loin de là, d'autres badauds sont montés sur la terrasse d'un centre commercial pour observer les opérations et le ballet des hélicoptères des secouristes. Le parking d'un autre grand magasin à proximité est en revanche réquisitionné par les secours.

«Je n'ai pas été surpris»

«J'habite là derrière, le pont je le vois tous les jours et je passe dessous tous les jours à pied», raconte Ibou Touré, un médiateur linguistique sénégalais de 23 ans. «Je n'étais jamais sûr, on entendait tout le temps des bruits quand les camions passaient. J'ai appris qu'il s'était effondré en rentrant du travail, et je n'ai pas été surpris», ajoute-t-il.

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A l'intérieur de la zone de recherches, des secouristes s'activent avec des chiens, évacuant des corps sur des civières oranges. Une quinzaine de personnes se tiennent tout près de la pile de pont qui s'est effondrée. Certaines portent des couvertures de survie, des femmes pleurent. Des membres d'une cellule de soutien psychologique sont sur place. Après les fortes pluies de la matinée, le beau temps est revenu. Mais sur le site des recherches une odeur d'eaux usées plane, venue de la décharge qui se trouvait sur place ou d'une canalisation brisée.

Milliers de tonnes de béton

Patrick Villardry, pompier niçois spécialiste de la recherche de victimes en décombres, attend avec un collègue et ses deux chiens Arco et Missile de pouvoir se rendre utile. Ces deux bergers malinois avaient sauvé une femme après le séisme de L'Aquila, en 2009 dans le centre de l'Italie.

«Pour l'instant, les sauveteurs italiens nous disent d'attendre», confie-t-il. Mais il sait qu'il n'est pas venu pour rien : «les premières victimes de surface ont été évacuées. Maintenant il faut rechercher sous les décombres des bâtiments, et il y a des milliers de tonnes de béton», souligne le pompier français.

Mercredi, Luigi di Maio, vice-Premier ministre et chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste), se rendra sur les lieux dans la matinée avec le ministre des Transports et des Infrastructures, Danilo Toninelli. Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite) et lui aussi vice-Premier ministre, est attendu dans l'après-midi sur le site de l'effondrement, le plus meurtrier en Europe depuis 2001.


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