L’investisseur activiste et multimilliardaire Carl Icahn a été nommé conseiller spécial du président élu Donald Trump en charge de la régulation, a annoncé mercredi son équipe de transition.

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Agé de 80 ans, Carl Icahn est un des investisseurs les plus redoutés à Wall Street et s’est rendu célèbre en faisant pression sur les entreprises dans lesquelles il a des participations (AIG, Herbalife, Apple, Netflix…) afin d’augmenter la rémunération des actionnaires.

Proche de Donald Trump, il aura la charge de conseiller le futur président américain sur les moyens de «se débarrasser des régulations destructrices d’emplois qui freinent la croissance économique», précise le communiqué. Ainsi, il ne sera pas rattaché à l’administration fédérale et n’aura non plus de missions spécifiques. Il ne sera pas rémunéré pour ses conseils, a précisé un membre de l’équipe Donald Trump.

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«Il est temps de nous libérer de la régulation excessive et de laisser nos entrepreneurs faire ce qu’ils font le mieux: créer des emplois et soutenir les communautés», souligne Carl Icahn dans un communiqué diffusé par l’équipe de transition.

Une équipe gouvernementale à l’image de son président

Pendant sa campagne, Donald Trump s’en est plusieurs fois pris à la loi de réforme de Wall Street Dodd-Frank votée en 2010 pour freiner les excès de la finance ainsi qu’aux régulations environnementales.

Dans de récentes interviews, Carl Icahn a toutefois assuré que l’abrogation pure et simple de Dodd-Frank n’était pas la «bonne réponse» et a affirmé ne pas être «antirégulations». «Je suis opposé à la stupidité de certaines de ces régulations», a-t-il précisé.

A la tête d’une fortune estimée à 16,5 milliards de dollars, ce diplômé de philosophie vient grossir la longue liste des milliardaires désignés par Donald Trump pour former son équipe gouvernementale.

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Peter Navarro, un «visionnaire»

Le président élu, qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, a par ailleurs désigné l’économiste Peter Navarro à la tête du Conseil du commerce national, une structure nouvellement créée dépendant de la Maison-Blanche. Ce dernier préconise une ligne dure face à l’expansion de la Chine.

Agé de 67 ans, cet économiste qui fut conseiller de Trump durant la campagne prône une redéfinition des relations commerciales et politiques avec la Chine. Il est l’auteur de plusieurs livres, dont un essai au titre limpide, adapté ensuite en documentaire, «Death by China: How America Lost its Manufacturing Base» (La mort provoquée par la Chine: comment l’Amérique a perdu sa base industrielle).

Il y décrit la menace chinoise sur l’économie américaine et l’ambition de Pékin de devenir la puissance économique et militaire dominante en Asie. Un «visionnaire» qui sera à même de «mener des politiques commerciales qui réduiront notre déficit commercial, porteront notre croissance et contribueront à stopper l’exode des emplois loin de nos côtes», dit de lui l’équipe Trump dans le communiqué annonçant sa nomination.

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Navarro défend également un engagement accru des Etats-Unis avec Taïwan que la Chine interdit à ses partenaires de reconnaître diplomatiquement et appelle à remettre en cause le «principe de Chine unique» défendue par Pékin, sans pour autant proposer de reconnaître Taïwan. «Il n’est pas nécessaire de titiller inutilement le panda», dit-il.