Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche dans le centre-ville de Santiago, au Chili. Ils commémoraient le premier anniversaire du début de la contestation sociale pour plus d'égalité et se mobilisaient en faveur du «oui» au référendum constitutionnel.

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A une semaine de ce référendum historique, où les Chiliens sont appelés à se prononcer sur un changement de Constitution, les manifestants se sont retrouvés dès le début de la matinée sur la Plaza Italia, point de rassemblement emblématique de la fronde sociale. Certains agitaient des drapeaux, sautaient ou criaient des slogans appelant à des réformes sociales profondes. 

Des affrontements ont toutefois éclaté en fin de journée avec les forces de l'ordre, déployées en masse dans le centre de la capitale, ont constaté des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP). Une première église a été pillée et incendiée, mais le feu a été rapidement maîtrisé par les pompiers. Une seconde église, toute proche, a en revanche été totalement détruite par les flammes. «Qu'elle tombe! Qu'elle tombe!», ont crié des groupes de protestataires radicaux, le visage masqué.

La police a annoncé le déploiement de quelque 40 000 fonctionnaires pour assurer la sécurité. Dans ce pays qui recense quelque 490 003 cas de contamination et 13 588 morts depuis le début de l'épidémie, un couvre-feu est également en vigueur à partir de 23 heures.

Un référendum constitutionnel le 25 octobre

Des appels à manifester pacifiquement avaient été lancés, notamment par des syndicats, alors qu'une grande majorité de la population aspire à une commémoration pacifique et sans excès, selon plusieurs sondages.

Il y a un an, une protestation contre une hausse du prix des tickets de métro avait débouché sur une flambée de violence. Cette journée avait été le point de départ de manifestations massives, de pillages et d'affrontements avec les forces de l'ordre. Plusieurs milliers de personnes avaient été blessées au cours des mois de contestation et une trentaine d'autres sont mortes, dont au moins cinq après l'intervention des forces de l'ordre.

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Près d'un mois après le début de la contestation, la coalition gouvernementale et les principaux partis d'opposition étaient parvenus à un accord historique sur l'organisation d'un référendum pour changer la Constitution héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). Reporté en avril à cause de la pandémie, il se tiendra finalement le 25 octobre.

Plus de 14 millions de Chiliens seront appelés à se prononcer pour ou contre la rédaction d'une nouvelle Constitution en remplacement de l'actuelle, votée en 1980, en plein régime militaire. Le jour du vote, les Chiliens devront répondre à deux questions: l'une sur le remplacement ou non de la Constitution et l'autre, le cas échéant, sur la méthode pour la rédiger, à savoir la mise en place d'une «Convention mixte» composée à parts égales de citoyens élus à cette fin et de parlementaires en exercice, ou d'une «Convention constituante» intégralement composée de citoyens spécifiquement élus.