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A la frontière turco-syrienne.
© BULENT KILIC

Proche-Orient

Des milliers de civils syriens attendent toujours, dans le froid, de passer en Turquie

En fuite depuis plusieurs jours en raison de l'offensive du régime à Alep, ces femmes et ces enfants, principalement, sont sans abri. Ankara annonce une timide ouverture

Devant l'offensive des troupes du régime de Bachar al-Assad lancée lundi et les raids intensifs russes qui se comptent en millier, quelque 40 000 Syriens du nord de la province d'Alep ont fui, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Tous se dirigent vers la frontière turque.

Lire aussi:  La Turquie doit accueillir les réfugiés fuyant Alep, selon l'UE

L'OSDH a fait état de 435 morts dans les raids depuis lundi, dont 71 civils. Environ 20'000 personnes qui fuient les combats se bousculent dans la localité syrienne de Bab al-Salama au nord du pays, a indiqué l'ONU. Mais le poste-frontière turc d'Oncupinar, situé à côté de la ville, était toujours fermé samedi après-midi pour des raisons de sécurité.

Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, a assuré que son pays restait fidèle à sa «politique de la frontière ouverte» pour les réfugiés. Mais il n'a pas précisé quand les Syriens pourraient y entrer. Il a par ailleurs indiqué s'attendre à devoir accueillir, dans les prochains jours, jusqu'à 55 000 réfugiés syriens.

Mais dimanche, le gouvernement turc s'est déclaré prêt à accueillir ces dizaines de milliers de gens: «La Turquie a atteint les limites de sa capacité à absorber les réfugiés. Mais en fin de compte, ces gens n'ont nulle part ailleurs où aller. Soit ils mourront sous les bombes (...) soit ils ouvriront nos frontières», a déclaré le vice-premier ministre, Numan Kurtulmus.

«Situation dramatique»

«La situation est dramatique», a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. «Les familles dorment depuis plusieurs jours dans les champs ou des tentes, dans le froid», a-t-il ajouté. Entre 30 000 et 35 000 personnes ont rejoint, lors des dernières quarante-huit heures, les environs d'Azaz. La ville se situe à 5 km de la frontière turque.

En attendant la décision d'Ankara, de nouvelles tentes ont été dressées dans un camp déjà installé près du poste-frontière d'Oncupinar. «Nos équipes sont prêtes à leur fournir de l'eau et de la nourriture dès qu'ils seront chez nous»", a affirmé le Croissant-Rouge turc. Entre-temps, huit camions de l'ONG islamique turque IHH ont été autorisés à franchir la frontière. Ils vont apporter des biens de première nécessité aux Syriens à Bab al-Salama.

Consolidation près d'Alep

Sur le front militaire, la Russie, qui a renversé la situation en faveur du régime depuis son intervention dans le conflit à la fin de septembre, a affirmé qu'elle ne cesserait pas ses frappes. Les Etats-Unis l'ont pourtant exhorté à le faire. Après des raids aériens nocturnes sur la localité rebelle d'Anadane, à 10 km de la métropole d'Alep, et avec l'aide des combattants du Hezbollah libanais, les forces du régime Assad ont consolidé leurs positions au nord de la ville d'Alep. Et ils ont pris plusieurs localités, à proximité de la cité, ces derniers jours.

Après avoir coupé leur principale route d'approvisionnement, les pro-régime assiègent désormais les rebelles dans les quartiers est, sous leur contrôle dans la ville d'Alep. Selon l'OSDH, 350 000 civils se trouvent encore dans cette région de la métropole. Les forces gouvernementales syriennes ont par ailleurs resserré leur étau autour de deux banlieues du sud-ouest de Damas, tenues par les rebelles. Elles les ont coupées en deux, mettant ainsi à mal leur voie d'approvisionnement.

«Dans des cercueils en bois»

Sur le plan diplomatique, le régime syrien a réagi aux déclarations d'éventuels envois de troupes saoudiennes et turques dans le pays. Il a averti qu'il renverrait chez lui «tout agresseur dans des cercueils en bois». Le ministre syrien des Affaires étrangères a jugé, lui, «impossible» de mettre en œuvre un cessez-le-feu dans le pays tant que les frontières avec la Turquie et la Jordanie ne seraient pas bouclées. Il exige également l'établissement d'une liste des organisations «terroristes».

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