Selon le site OVD-info, spécialisé dans les informations policières et judiciaires de source indépendante, 209 personnes ont été interpellées jeudi soir et dans la nuit de jeudi à vendredi.

La plupart ont été libérées et au moins une partie d’entre eux se sont vu dresser des procès-verbaux pour infraction à l’ordre public, selon le site qui publie des listes de personnes interpellées.

Ce type d’infraction est passible de 15 jours d’arrêts et de jusqu’à 300 000 roubles d’amende (environ 8723 francs). Il n’a pas été possible de confirmer auprès des forces de l’ordre dans l’immédiat.

Jusqu’à 10 000 manifestants

Des milliers de personnes s’étaient rassemblées jeudi soir dans le centre de Moscou pour protester contre la condamnation le même jour à Kirov (900 km à l’est de Moscou) de l’opposant numéro un à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny.

La police avait fait état jeudi soir de 2500 manifestants, l’opposition de 10 000 personnes. Les forces anti-émeutes avaient soudainement fait évacuer la Place Rouge et une place adjacente au prétexte de travaux, après qu’un appel à manifester avait été lancé.

Election prévue

Ces forces, appelées OMON, ont repoussé dans la soirée les manifestants qui avaient interrompu la circulation sur une artère du centre de Moscou. Des manifestants sont toutefois restés sur place, près de la Douma (chambre basse du Parlement) jusque tard dans la nuit.

Condamné sur des accusations de malversations qu’il dénonce comme fabriquées de toutes pièces, Alexeï Navalny, qui était candidat à l’élection du maire de Moscou prévue le 8 septembre, et avait affiché son intention de briguer la présidence du pays à l’élection de 2018, a été incarcéré après le verdict.

Autre procès prévu

Toute condamnation, si elle est confirmée en appel, le rendra définitivement inéligible.

Le Parquet russe a demandé jeudi soir que l’opposant soit laissé en liberté surveillée jusqu’à l’examen en appel. Cette décision doit être prise par le tribunal de Kirov qui devait examiner la requête ce vendredi à partir de 10h00 (08h00 en Suisse).

La condamnation d’Alexeï Navalny a provoqué de vives réactions notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne.