La ministre belge de la Mobilité, Jacqueline Galant, a présenté sa démission ce vendredi 15 avril à l’issue du Conseil des ministres. Elle se trouvait au cœur d’une controverse portant sur la sécurisation des aéroports du pays. Le premier ministre belge Charles Michel a accepté sa démission. Un retrait qu’il a exigé lors d’une réunion en tête à tête en début de matinée, avance le quotidien belge Le Soir.

Trois semaines après les attentats qui ont dévasté l’aéroport de Bruxelles, la ministre était fragilisée après avoir nié avoir reçu un rapport de la Commission européenne indiquant dès avril 2015 que ses services ne disposaient pas des moyens financiers suffisants pour effectuer les inspections requises dans les aéroports. «A l’issue de la séance plénière, il m’a été confirmé que, contrairement à ce qui avait été dit, Jacqueline Galant et son cabinet avaient reçu un résumé de ce rapport en juin 2015», assure Charles Michel, cité par l’agence Belga.

Lire aussi: Les attentats engendrent un climat de crise en Belgique

Contredite par le chef de son administration

La ministre de la mobilité avait d’ailleurs été contredite par le chef de son administration, Laurent Ledoux, qui avait lui-même démissionné jeudi, expliquant avoir alerté le cabinet de Jacqueline Galant et lui avoir réclamé en vain des moyens supplémentaires pour la sécurité des aéroports.

Le camp de l’opposition s’apprêtait à exploiter un autre document accablant pour la ministre. La direction de l’autorité de l’aviation civile belge indiquait, dans une note datée du 23 juin 2015, que l’administration de la Mobilité effectuait déjà à cette date des recommandations prioritaires en matière de sécurité. L’une des recommandations est «particulièrement fondamentale quand on connaît les événements du 22 mars», souligne Le Soir. «Recommandations prioritaires: effectuer des tests sur le contrôle d’accès (passagers, bagages). Figurent aussi une série d’autres recommandations très précises en matière de sécurité», peut-on lire dans ce document.

Un climat de crise s’est installé en Belgique suite aux attentats qui ont frappé Bruxelles le 22 mars dernier. Deux jours après les attaques, les ministres de la justice et de l’intérieur, Koen Geens et Jan Jambon, avaient tout deux proposé de quitter le gouvernement. Des dysfonctionnements de l’administration belge en matière d’antiterrorisme venaient d’être révélés. Leurs démissions avaient finalement été refusées par le premier ministre Charles Michel.