Interrogé par la télévision Bloomberg TV, M. Varoufakis, auquel on demandait: «Si le oui l’emporte, lundi vous ne serez plus ministre des Finances?», a répondu: «Je ne le serai plus». Juste avant, sur une télé australienne, il avait déclaré, s’agissant du gouvernement tout entier, «nous pourrions démissionner» en cas de oui.

Mais, visiblement dans l’esprit d’apaisement que le gouvernement grec semble décidé à insuffler à cette consultation – pour tenter de rallier au «non» les plus anxieux – M. Varoufakis a précisé qu’une telle démission se ferait «en esprit de coopération avec ceux qui prendront le relais après nous».

Il était donc toujours difficile jeudi d’être sûr du sort que comptait se réserver le gouvernement Tsipras, en cas de défaite. Le Premier ministre s’était contenté de déclarer, lundi, qu’il ne comptait pas rester «qu’il pleuve ou qu’il vente».

Samedi dernier, à l’issue de l’Eurogroupe suivant l’annonce du référendum, M. Varoufakis avait évoqué déjà, en cas de oui, un possible «remaniement ou quelque autre reconfiguration au niveau du gouvernement». En somme, seul M. Varoufakis se déclare clairement partant en cas de défaite, comme si l’attitude du reste du gouvernement dépendait encore de l’ampleur de celle-ci.

Ainsi, le vice-président du Parlement Alexis Mitropoulos a estimé jeudi que «le Premier ministre doit rester en place même si le vote est un «oui» aux mesures» des créanciers.

Les partenaires de la Grèce s’expriment clairement en faveur du «oui»: «Si c’est le oui, la négociation peut très facilement s’engager. Si c’est le non, on rentre dans une forme d’inconnu. C’est aux Grecs de répondre», a déclaré jeudi le président français François Hollande. Après la décision des créanciers (UE, BCE, FMI) de ne plus chercher à tout prix un accord avec les Grecs jusqu’à l’issue de référendum, l’issue de celui-ci était revenue jeudi au cœur des préoccupations.