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Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer est revenu sur sa proposition de démissionner.
© CHRISTOF STACHE/AFP

Allemagne

Le ministre de l’Intérieur allemand revient sur sa proposition de démission

Horst Seehofer, en conflit avec la chancelière Angela Merkel sur la politique migratoire, a annoncé sa volonté de démissionner avant de suspendre finalement sa décision

Horst Seehofer a annoncé dimanche son intention de démissionner, avant de suspendre sa décision. Le ministre allemand de l’Intérieur est en conflit avec Angela Merkel sur la politique migratoire. Les discussions entre l’Union chrétienne-sociale (CSU) et la chancelière doivent reprendre lundi.

Le parti bavarois CSU, membre de la fragile coalition gouvernementale allemande et sa composante la plus à droite, a jugé insuffisantes les propositions de la chancelière pour réduire le nombre des demandeurs d’asile. Horst Seehofer, le président de cette formation et ministre allemand de l’Intérieur, a offert de démissionner face à l’impasse des discussions avec la CDU d’Angela Merkel, qui ont duré une dizaine d’heures à Munich.

Agé de 68 ans, il s’est finalement ravisé sur les conseils de ses proches et compte rencontrer dans le courant de la journée de lundi la chancelière pour une tentative «de la dernière chance» de forger un compromis.

Trois scénarios proposés

Le conflit entre Angela Merkel et Horst Seehofer porte sur le traitement des migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans d’autres pays de l’UE. Le ministre veut les refouler à la frontière, pas Angela Merkel, qui ne veut pas créer «d’effet domino» en Europe.

Le ministre allemand de l’Intérieur a évoqué trois scénarios. Devant les cadres de son mouvement, il a indiqué qu’il pouvait soit céder à la chancelière et rentrer dans le rang, soit passer outre les objections d’Angela Merkel et imposer de son propre chef les refoulements aux frontières – ce qui entraînerait son limogeage et l’éclatement du gouvernement de coalition – ou enfin démissionner de son poste.

Lire aussi: Allemagne: journée décisive pour Merkel, acculée sur la question des migrants

Son choix s’était d’abord porté sur cette dernière option, dont les conséquences pour l’avenir du gouvernement allemand seraient potentiellement graves. La question serait alors de savoir si le parti du ministre le suit et quitte la coalition. Si c’est le cas, Angela Merkel pourrait voir disparaître sa majorité à la Chambre des députés, avec sans doute à la clé des élections anticipées.

Merkel, soutenue, reste inflexible

Pour éviter ce scénario, le CSU peut aussi remplacer simplement Horst Seehofer par une personnalité plus à même de négocier un compromis migratoire avec la chancelière, même s’il ne sera pas aisé lundi de trouver un terrain d’entente entre les deux formations longtemps alliées mais aujourd’hui largement ennemies.

Lire aussi: Horst Seehofer, le Bavarois qui a pris l’Europe en otage

Angela Merkel reste en effet inflexible et a été soutenue quasiment unanimement, dimanche soir à Berlin, par les instances dirigeantes de son parti CDU. Ces dernières ont validé une motion refusant toute décision «unilatérale» nationale pour refouler les migrants, comme celle que souhaite Horst Seehofer.

Le conflit au sein du camp conservateur allemand sur les migrants a éclaté à la mi-juin, lorsque la chancelière a bloqué le projet de son ministre sur les refoulements de migrants. Même si, en réalité, il a débuté dès 2015 et la décision controversée prise d’Angela Merkel d’ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de candidats à l’asile.

La CSU menacée par l’extrême droite en Bavière

Le parti bavarois CSU ne cesse depuis trois ans de critiquer ce choix et de tenter d’obtenir plus de fermeté en matière d’asile, avec dans son viseur Angela Merkel elle-même, à qui l’aile la plus à droite du camp conservateur reproche de mener une politique trop centriste.

La CSU est également mise sous pression en Bavière par les élections régionales prévues en octobre, où elle est menacée par la poussée de l’extrême droite. Le parti bavarois risque de perdre sa majorité absolue, cruciale pour lui.

Début juillet, le ministre de l’Intérieur avait fixé un ultimatum à Angela Merkel, voulant imposer des refoulements aux frontières, faute de mesures «équivalentes» au niveau européen. La chancelière pensait que les mesures prises lors du dernier sommet européen pour réduire les flux migratoires suffiraient à amadouer ce parti rebelle. Mais Horst Seehofer les a qualifiées dimanche d’«insuffisantes».

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