Brice Hortefeux, très proche du président Nicolas Sarkozy, ignorait qu’il était filmé, à la fin de l’été dernier, lorsqu’il avait prononcé des paroles qui avaient suscité une vive controverse à propos des immigrés maghrébins: «Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes».

Une militante du parti présidentiel UMP venait, en marge d’une réunion politique, de lui présenter un jeune homme en ces termes: «C’est notre petit Arabe».

Peu après l’énoncé du jugement, Brice Hortefeux a fait savoir vendredi, par son avocat, qu’il faisait appel de sa condamnation.

Les Auvergnats, pas les Arabes

Face à la polémique, Brice Hortefeux avait assez rapidement exprimé des «regrets», estimant que ses déclarations avaient fait l’objet «d’une interprétation totalement inexacte». Pour se défendre, il avait aussi assuré que ses propos ne concernaient pas les Arabes mais les Auvergnats, les habitants de la région du centre de la France dont il est originaire.

Le tribunal a néanmoins estimé vendredi que la phrase prononcée par Brice Hortefeux était «outrageante sinon méprisante» et qu’elle stigmatisait les personnes d’origine arabe, «présentées négativement du seul fait de leur origine».

Brice Hortefeux devra également verser 2000 euros de dommages et intérêts à l’association antiraciste qui l’avait poursuivi, le Mouvement pour le rassemblement et l’amitié entre les peuples (Mrap).