Irak

Le ministre de l'Intérieur démissionne après l'attentat de Bagdad

Les checkpoints de Bagdad sont «inutiles» et n'ont pas empêché l'attentat du 3 juillet, juge le ministre irakien de l'Intérieur. Il a présenté sa démission 

Le ministre irakien de l'Intérieur Mohammed Al-Ghabbane a présenté ce mardi sa démission au Premier ministre Haider al-Abadi, deux jours après un attentat revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) qui a fait plus de 200 morts à Bagdad. «J'ai soumis ma démission au Premier ministre», a annoncé Ghabbane lors d'une conférence de presse.

Dimanche 3 juillet, au moins 213 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées lorsqu'un véhicule piégé a explosé dans un quartier commerçant de la capitale irakienne, l'attentat suicide le plus meurtrier qu'ait connu le pays depuis des décennies.

Selon Mohammed Al-Ghabbane, le véhicule venait de la province de Diyala, au nord de la capitale, ce qui signifie qu'il est parvenu à franchir sans encombre les checkpoints de sécurité lors de son trajet. Le ministre a estimé que ces points de contrôle disséminés à travers Bagdad, l'une des mesures symboliques de l'Etat pour sécuriser la ville, étaient «absolument inutiles».

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Cinq condamnés à mort seront exécutés

Dès le lendemain de l'attaque, de nombreux Irakiens ont exprimé leur colère face à l'impuissance du gouvernement à prévenir de telles attaques. En réaction, le gouvernement a annoncé l'exécution de cinq condamnés à mort et l'arrestation de 40 djihadistes. L'annonce de la démission du ministre de l'Intérieur semble également destinée à apaiser la colère des Irakiens.

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein, renversé en 2003 après l'invasion américaine, l'Irak est en proie à l'instabilité politique et sécuritaire avec des crises gouvernementales à répétition et des attentats qui continuent d'endeuiller le pays.

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