Libye

A Misrata, le spectre des combattants étrangers

Malgré le cessez-le-feu entré en vigueur dans la nuit de samedi à dimanche, les habitants de Misrata redoutent l’entrée des hommes de Khalifa Haftar dans leur ville. Leur sort dépend avant tout des puissances étrangères alliées et ennemies

«Jette-le par terre et marche dessus.» L’enfant exécute les ordres de son père: aussitôt, le portrait de Mohammed ben Salman (MBS), le prince héritier d’Arabie saoudite, se retrouve souillé sous les applaudissements du millier de manifestants venus vendredi place de la Liberté, au centre de Misrata, pour protester contre l’offensive du maréchal Khalifa Haftar – dont MBS est l’un des principaux soutiens.

La même scène s’était déroulée en avril, au début des affrontements, sur la principale place de Tripoli. En neuf mois, le conflit, qui a commencé par le siège de la capitale libyenne, s’est propagé jusqu’aux abords de Misrata, située à 200 km à l’est de Tripoli. Surtout, il s’est internationalisé au point que les observateurs craignent un scénario syrien dans lequel le territoire libyen ne serait qu’une pièce supplémentaire dans le maelström moyen-oriental.