Asie

Les missiles nord-coréens à vue de hublot

L'équipage d'un vol commercial a aperçu le dernier tir de missile nord-coréen. Ce n'est pas le premier incident du genre

La semaine dernière, s’ils ont regardé par le hublot, les passagers du vol CX893 parti de San Francisco à destination de Hong-Kong ont assisté à un spectacle inhabituel: la plongée d’un objet non identifié vers l’océan. Dans un communiqué confirmant l’incident lundi, la compagnie hongkongaise Cathay Pacific Airways explique que l’équipage a vu mercredi 29 novembre «ce qui ressemblait à la rentrée (dans l’atmosphère) du récent missile nord-coréen».

Selon le quotidien South China Morning Post, le directeur général de Cathay Mark Hoey a expliqué dans un message aux employés que l’équipage avait vu le missile «exploser et se désintégrer». Cela indiquerait que la fusée n’était pas encore assez solide pour résister à la rentrée dans l’atmosphère. Selon les experts, il s’agit de l’une des dernières étapes à franchir pour le régime de Pyongyang avant de devenir une puissance nucléaire, capable de frapper avec ses ogives atomiques une bonne partie de la planète.

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Vols commerciaux: quelle sécurité?

Cet épisode pose aussi la question de la sécurité des vols commerciaux dans les environs de la Corée du Nord. Cathay n’a pas précisé où se trouvait exactement l’appareil au moment de la chute du missile. D’après le régime nord-coréen, son missile, le plus grand testé à ce jour, a atteint une altitude de 4475 kilomètres, avant de s’abîmer 950 kilomètres plus à l’est, en mer du Japon, au large de l’archipel nippone.

Toujours selon Cathay, l’équipage a immédiatement informé le contrôle aérien japonais de l’incident mais l’avion se trouvait «loin de l’événement». D’après les sites de radar en ligne, l’appareil se trouvait alors au-dessus du Japon. Un autre avion, cargo celui-ci, se trouvait alors plus près du missile, «à quelques centaines de kilomètres», avance Mark Hoey, dans son message à ses collègues.

Pas le premier incident

Le 28 août dernier, un missile nord-coréen était tombé à 150 kilomètres d’un vol Air France. La compagnie avait assuré que les passagers et l’équipage n’avaient été à aucun moment en danger. Elle avait toutefois changé ses plans de vol, élargissant la zone de sécurité autour de la Corée du Nord. Pour sa part, Cathay n’a pas jugé utile de prendre de telles précautions.

L’itinéraire en question, qui évite l’espace aérien nord-coréen, est très fréquenté entre l’Amérique du nord et le Japon ou la Chine, ainsi qu’entre l’Europe et l’archipel nippon. La région sera aussi sillonnée par les avions militaires, puisque les Etats-Unis et la Corée du Sud ont entamé leur plus important exercice aérien, une provocation selon Pyongyang.

Swiss ne survole plus l’espace aérien nord-coréen

La plupart des compagnies aériennes évitent de pénétrer dans l’espace aérien nord-coréen, qui comprend une partie de la mer du Japon. Les Etats-Unis l’interdisent explicitement aux compagnies américaines.

Interrogée suite à la mésaventure du vol de Cathay Pacific Airways, la compagnie helvétique Swiss indique qu'elle «ne survole plus l’espace aérien nord-coréen depuis plus d’un an lors de ses trajets à destination du Japon».

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