Une phrase semble résumer la manière dont Mitt Romney a cherché à se distinguer de son rival démocrate dans la course à la Maison-Blanche: «Le président Obama a promis de ralentir la montée du niveau des océans et de guérir la planète. Ma promesse, c’est de vous aider, vous et votre famille.» Sans être brillant, le candidat républicain a tenu un discours jugé plutôt bon. Il a évité de trop en faire afin de marquer une rupture avec un candidat démocrate qui avait promis la lune en 2008 et qui n’a pas été à la hauteur de toutes ses promesses.

L’ex-gouverneur du Massachusetts s’est habilement adressé à ceux qui ont voté pour Barack Obama voici quatre ans et qui sont déçus par le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis. Sans enflammer l’audience, le Bostonien a montré davantage de passion qu’à l’accoutumée, suscitant plusieurs standing ovations des délégués.

Dans l’immense Tampa Bay Times Forum, Mitt Romney avait trois objectifs: humaniser son profil, séduire les femmes, qui pour l’heure semblent davantage convaincues par Barack Obama, et, enfin, tenter de réduire l’écart entre républicains et démocrates parmi l’électorat hispanique. A 66 jours de l’élection, Mitt Romney a réussi à donner un visage plus humain à l’ex-homme d’affaires de Bain Capital qui entend relancer l’économie américaine, allant presque jusqu’à lâcher une larme, volontaire ou non, quand il parla de sa mère qu’il admirait.

La surprise Eastwood

Attendu sur sa foi mormone, il n’aura qu’effleuré le sujet, comme si le tabou qui avait entouré son appartenance religieuse lors de sa candidature à l’investiture républicaine en 2008 n’était pas totalement levé. Plusieurs membres de l’Eglise mormone ont cependant témoigné de l’humanité et de la compassion de Mitt Romney.

Quant aux femmes et aux Hispaniques, il est trop tôt pour connaître l’impact du plus important de son allocution. Mais comme il peut compter sur un vote massif de l’électorat blanc, il ne lui est pas nécessaire de battre Barack Obama dans cette frange de l’électorat. Il suffit d’améliorer son score actuellement insuffisant.

La convention républicaine a vanté sans discontinuer le profil de Mitt Romney comme un futur capitaine crédible de l’économie. Le républicain a promis jeudi soir qu’il allait créer 12 millions d’emplois en quatre ans. Si le Bostonien a passé le test «d’acceptabilité», deux événements sont venus ternir le bilan de la convention. Le mythique réalisateur Clint Eastwood, invité surprise, a livré un discours peu audible, parfois incohérent. Le cinéaste oscarisé a cru bien faire en déclarant que les avocats ne sont pas faits pour devenir présidents. La pique était adressée au diplômé de droit de Harvard, Barack Obama. Or, en plus d’études en économie, Mitt Romney est aussi diplômé en droit de la fameuse université. Quant à l’Afghanistan, Clint Eastwood a laissé entendre à tort que le candidat républicain était favorable à un retrait des troupes au plus vite.

L’autre fausse note est Paul Ryan, le colistier de Mitt Romney, qui a tendu la joue aux démocrates, mercredi dans son discours, en affirmant que Barack Obama n’avait pas tenu sa promesse par rapport à la fermeture d’une usine de General Motors dans le Wisconsin. Mais à ce moment-là, le démocrate n’était pas encore président…