La course à l’investiture républicaine est-elle terminée? En remportant la primaire de Floride avec 14 points d’avance sur le second, Newt Gingrich (32%), Mitt Romney (46%) n’a pour l’heure engrangé que 5% du nombre de délégués (1144) dont il a besoin pour être investi par le parti. Mais son écrasante victoire de mardi a un impact psychologique manifeste sur la suite de la campagne. Certains signaux ne trompent pas. Ces prochains jours, l’ex-gouverneur du Massachusetts ne se déplacera plus sans garde du corps. Parmi les quatre candidats à l’investiture, il est le seul à prendre de telles mesures sécuritaires.

Spots pour casser Gingrich

Aujourd’hui, l’establishment républicain semble avoir fait passer le message: Newt Gingrich n’est pas présidentiable. Pour Mitt Romney, la dynamique de la victoire est renforcée par deux autres facteurs: son équipe de campagne est très bien organisée et dispose de fonds considérables. Le 31 janvier, la Commission électorale fédérale a publié les contributions faites aux super-PAC, ces groupes à but non lucratif politiquement actifs qui soutiennent les différents candidats. Le super-PAC faisant campagne pour Mitt Romney, Restore our Future, a ainsi dépensé 17 millions de dollars en publicité au cours de ce premier mois de primaire.

En Floride, ce financement a été capital, les médias y jouant un rôle fondamental. La campagne de Mitt Romney a investi des millions en publicités négatives sur les télévisions anglophones, mais aussi hispanophones, pour casser la candidature de Gingrich. Restore our Future a reçu des dons d’une soixantaine de sociétés allant de hauts responsables de Goldman Sachs à des responsables de grands hedge funds de Wall Street.

L’ex-gouverneur du Massachusetts a largement remporté le vote latino (53%) par rapport à Newt Gingrich (30%) et a séduit l’électorat féminin (51%) contrairement à son principal rival, l’ex-président de la Chambre des représentants dont la vie privée a été marquée par deux divorces. Mitt Romney apparaît surtout comme le plus présidentiable des quatre candidats.

L’ex-patron de Bain Capital revient de loin. Après avoir perdu l’Iowa en raison d’un recomptage défavorable et la Caroline du Sud, les experts estimaient qu’une défaite en Floride aurait enterré ses espoirs de décrocher l’investiture. Dix jours avant la primaire de mardi, Newt Gingrich menait dans les sondages. Les stratèges de Mitt Romney ont dès lors changé de tactique. Lors des débats télévisés, qui selon 87% des républicains de Floride ont été un facteur de décision dans leur vote, Mitt Romney a été beaucoup plus agressif, contraignant Newt Gingrich à se défendre maladroitement. Désormais, ce dernier se bat pour rester dans la course et espère reprendre pied lors du Super Tuesday du début de mars. Mais la perception du Géorgien au sein du Parti républicain est en train de changer. Mardi soir, le candidat Rick Santorum s’en est fait l’écho: «Newt Gingrich est devenu un sujet de discussion. Ce n’est pas possible. Les vrais sujets sont des questions liées à l’économie.»

Echéances favorables

Après quatre primaires, Mitt Romney endosse à nouveau l’habit du favori. Les prochains rendez-vous de février devraient lui être favorables. Dans le Nevada, la forte communauté mormone lui sera acquise. Dans le Michigan, il bénéficie de l’histoire familiale. Il y est né et son père George y a été gouverneur. Présidente du Democratic National Committee, Debbie Wasserman Schultz a suivi de près la primaire républicaine. L’écrasante victoire de Mitt Romney ne l’inquiète pas: «L’électorat de Floride, relève-t-elle, est modéré. Il ne se reconnaîtra pas dans les positions très à droite de Mitt Romney.»