Soutenus par leurs professeurs, certains étudiants suivent les cours sur les places de Rome, Naples ou Milan. Les autres occupent leurs lycées et les universités. Depuis quelques jours, le gouvernement de Silvio Berlusconi doit affronter sa première grande mobilisation depuis son élection en avril dernier. Alors que le président du Conseil continue de planer dans les sondages avec une popularité dépassant 60%, la réforme de l'enseignement promue par sa ministre de l'Education, Mariastella Gelmini, provoque une vaste protestation dans toute la péninsule.

Outre le rétablissement du tablier à l'école, l'institution d'un seul maître par classe (contre deux ou trois actuellement), le projet de loi prévoit d'importantes restrictions budgétaires. De l'ordre de plusieurs milliards d'euros. Selon les syndicats, la mesure pourrait entraîner la suppression de 130000 à 200000 emplois dans les prochaines années. Une grève générale dans l'enseignement primaire est déjà prévue pour le 30 octobre prochain.

Réveil de la gauche

Mercredi, le ton est monté d'un cran à la suite des déclarations de Silvio Berlusconi qui a averti: «Je ne permettrai pas que les écoles et les universités soient occupées. L'ordre doit être respecté. L'Etat doit assumer ses responsabilités en garantissant le droit des étudiants qui veulent étudier à suivre les cours.» Plébiscité pour sa manière de gouverner avec fermeté, que ce soit sur les dossiers des ordures à Naples, du sauvetage d'Alitalia ou de la sécurité avec le déploiement de l'armée dans les villes italiennes, Silvio Berlusconi a voulu une nouvelle fois taper du poing sur la table. Reste que l'hypothèse d'envoyer la police dans les universités semble avoir avant tout renforcé l'ardeur des protestataires.

A l'intérieur de la majorité de droite, certains ne cachent pas leur préoccupation. Le maire de Rome, Gianni Alemanno (Alliance nationale), a estimé que les étudiants avaient le droit de manifester. Hier, Silvio Berlusconi, a fait partiellement marche arrière en affirmant qu'il n'avait jamais déclaré que la police devait intervenir dans les universités: «Les journaux ont déformé mes propos.» La protestation estudiantine a redonné un peu d'oxygène, au moment opportun, à un centre gauche amorphe. Le secrétaire du Parti démocrate, Walter Veltroni, a convoqué pour samedi une manifestation à Rome contre la politique gouvernementale, afin de remobiliser ses troupes déroutées par la dernière défaite électorale.