Numéro un du FIS, Abassi Madani est une figure charismatique. Né en 1931, il suit les enseignements d'une école coranique. En 1954, il rejoint le FLN. Licencié en philosophie, il a été professeur de psychopédagogie à l'Université d'Alger. Après les émeutes d'octobre 1988, il se hisse à la tête de l'islam politique algérien. Politicien rusé, c'est un orateur médiocre qui préférait laisser à Ali Belhadj le soin de haranguer les foules. Il défend le renversement du pouvoir «taghouti» (tyrannique) en place et l'instauration en Algérie du premier Etat islamique du Maghreb. C'est depuis sa cellule, qu'il suit fin 1991 la victoire au premier tour des législatives du FIS, puis l'annulation du deuxième tour et la dissolution de son parti en mars 1992. Soucieux de cultiver son image de modéré, il s'est prononcé à plusieurs reprises pour un règlement politique du conflit algérien.