Égypte

Mohamed Morsi insulté jusqu’au bout

L’ancien président égyptien a été traité de «fils de pute» par l’un des plus célèbres chroniqueurs de la télévision d’Etat. Les mauvais traitements qu’il a subis année après année dans les geôles de la dictature ont été dénoncés par les dernières voix critiques du pays

La nouvelle de la mort de l’ex-président Mohamed Morsi était annoncée, hier matin, en une d’un seul quotidien égyptien, la presse préférant relayer les «victoires économiques» de l’actuel président Abdel Fattah al-Sissi. Les télévisions, quant à elles, n’ont cessé de diffuser des émissions se réjouissant de la disparition du seul président démocratiquement élu du pays, un président honni par le pouvoir. Ahmed Moussa, l’un des plus célèbres chroniqueurs de la télévision d’Etat, se fendant d’un «fils de pute», repris en boucle sur les sites pro-gouvernementaux et diffusant des photos de policiers et militaires tués ces dernières années dans des attaques terroristes, tout en insistant sur l’entière responsabilité, selon lui, de l’ancien dirigeant.

Messages inquiets sur les réseaux

Sur les réseaux sociaux, dernier bastion d’une liberté d’expression fort malmenée par le pouvoir, sont apparus en revanche des messages plutôt inquiets. «La négligence médicale et la politique de lente mise à mort par l’isolement carcéral sont des outils de notre gouvernement. Acceptez ou désapprouvez politiquement autant que vous le souhaitez Mohamed Morsi, mais, humainement parlant, les conditions dans lesquelles il a vécu depuis qu’il a été arrêté en 2013 et qui ont abouti à sa mort représentent un crime qui doit être jugé», a par exemple écrit sur sa page Facebook Khaled Ali, l’un des rares opposants qui résident encore au Caire. D’autres comparent sa détention à celle du président Hosni Moubarak, qui était enfermé dans un hôpital militaire avec vue sur le Nil et salon pour recevoir ses proches. «Moubarak, lui, est rentré chez lui mais, surtout, il est toujours en vie», s’insurgent-ils.