L’Association des religieux combattants (ARC), dirigée par l’ancien président Mohammad Khatami et qui regroupe des religieux réformateurs, a demandé lundi l’organisation d’un référendum estimant que des «millions d’Iraniens ont perdu confiance dans le processus électoral». Selon la constitution iranienne, seul le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, peut ordonner l’organisation d’un référendum.

Pour la première fois depuis des semaines, des heurts ont éclaté dans le centre de Téhéran, vendredi à l’issue des prières, entre la police et des manifestants réformistes. «Le seul moyen de sortir de la situation actuelle est d’organiser un référendum», a déclaré Mohammad Khatami, cité lundi par un site internet qui lui est proche puis repris par d’autres. «On devrait demander aux gens s’ils sont satisfaits de la situation actuelle. Si une vaste majorité de personnes se disent satisfaites, nous l’accepterons», ajoute-t-il.

Les résultats officiels de l’élection du 12 juin ont accordé une large victoire au président sortant Mahmoud Ahmadinejad. Le camp réformateur conteste ce résultat qu’il dit issu d’une vaste fraude. Les autorités ont affirmé la légitimité du vote.

Mohammad Khatami a apporté son soutien à Mir Hossein Moussavi, candidat battu par Mahmoud Ahmadinejad, de même qu’un autre ancien président, Akbar Hachémi Rafsandjani. Dans un prêche prononcé vendredi, ce dernier a prévenu que la République islamique était désormais en situation de crise.

Malgré la validation du scrutin par le Guide suprême iranien, l’Ayatollah Ali Khamenei, et l’arrestation de nombreux responsables réformistes, MM. Moussavi, Khatami et Rafsandjani continuent de plaider en faveur d’une ouverture du régime.

Les plus radicaux des conservateurs ont dénoncé le prêche prononcé vendredi par Rafsandjani, et affirmé que le pouvoir iranien était légitimé par «Dieu tout-puissant». Mais selon le camp réformateur, la population iranienne, composée de très nombreux jeunes nés après la révolution islamique de 1979, demande davantage d’ouverture au régime.

Les manifestations organisées après l’élection, les plus importantes depuis la révolution qui renversa le régime du Shah il y a trente ans, ont été violemment réprimées par la police et les milices islamiques.

Au moins vingt manifestants ont été tués. Selon les associations de défense des droits de l’homme, plusieurs centaines de personnes, dont des responsables politiques réformateurs, des journalistes, des militants associatifs et des avocats, ont été arrêtées depuis le début de la contestation.

Pour sa part, le premier vice-président, Esfandiar Rahim Mashaie, soutenu par Mahmoud Ahmadinejad face aux vives critiques des conservateurs, a démenti lundi par l’intermédiaire de son site internet sa démission annoncée la veille par des médias.

«Dans une action coordonnée, certains sites internet ont publié une information concernant la démission de M. Rahim Mashaie, le premier vice-président, dans le but de porter atteinte au gouvernement», selon le site. «Cette information est une rumeur et un mensonge et ces rumeurs sont propagés par les ennemis […] du gouvernement», ajoute le site.

Dimanche, la chaîne officielle en langue anglaise Press-TV avait affirmé que M. Rahim Mashaie, un personnage controversé très proche du président, avait «démissionné trois jours après avoir été nommé» premier vice-président.

Le conseiller de Mahmoud Ahmadinejad pour la presse, Ali Akbar Javanfekr, est revenu sur des déclarations de M. Mashaie en 2008, qui avait affirmé que l’Iran était l’ami du peuple israélien – contrastant ainsi avec les attaques verbales de Téhéran contre Israël.

M. Javanfekr a indiqué «M. Mashaie a fait une déclaration en dehors de son domaine de compétence et a reconnu après qu’il n’aurait pas dû» la faire.