Sous la pression insistante de la chancelière allemande, Angela Merkel, les dirigeants du G8 ont annoncé mercredi leur intention de diviser par deux les gaz à effet de serre d’ici à 2050 («par rapport à 1990 ou à des années plus récentes») et de «80% ou plus» celles des pays industrialisés. L’objectif affiché est de limiter le réchauffement global à moins de deux degrés. Les dirigeants du G8 ont pris cette décision en vue du sommet de Copenhague de décembre prochain.

L’accord a été obtenu grâce aussi à l’appui du président américain, Barack Obama. Silvio Berlusconi a d’ailleurs mis en avant la position convergente de l’Union européenne et des Etats-Unis sur cette question alors que l’administration de George W. Bush rechignait à mettre le dossier du réchauffement climatique parmi ses priorités. «L’UE et les Etats-Unis croient fermement en la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre», a expliqué le président du Conseil, ajoutant: «Il est important qu’ils se présentent unis devant les pays émergents comme le Brésil, l’Inde et la Chine, parce qu’une réduction en Europe et en Amérique ne serait pas efficace si les mêmes engagements devaient ne pas être pris par ces pays.»

Russie: «Inacceptable»

Reste que pour l’heure, les pays émergents refusent de s’engager sur des limitations drastiques, craignant qu’elles freinent leur développement économique. Les membres du G8 rencontreront ce jeudi à L’Aquila leurs représentants. Les organisations non gouvernementales de défense de l’environnement sont elles aussi très sceptiques quant à la validité de l’accord. «L’objectif de l’année 2050 est trop lointain si nous ne déterminons pas immédiatement des objectifs intermédiaires», a jugé Maurizio Gubbiotti, coordinateur de l’association Legambiente. «Les leaders du G8 ont reconnu la nécessité de contenir la hausse de la température au-dessus de 2 degrés, mais ils n’ont pas défini d’actions immédiates pour atteindre cet objectif», critique également le WWF. Hier soir la Russie, qui fait pourtant partie du G8, a également exprimé des réserves. Dans l’entourage du président russe, Dmitri Medvedev, la réduction de 80% des pays développés a été jugée «inacceptable».