Le Parti communiste est arrivé en tête des législatives de Moldavie, ce qui lui permet d'obtenir la majorité des sièges du parlement. La commission électorale centrale a annoncé, après dépouillement de la totalité des bulletins, que le Parti communiste du président Vladimir Voronine avait obtenu dimanche 46,1% des suffrages. Après la redistribution des voix des partis n'ayant pas atteint 6%, il devrait ainsi occuper 56 des 101 sièges de l'assemblée, contre 71 au cours de la législature précédente. Le bloc Moldavie démocratique (centriste) et le Parti populaire chrétien-démocrate (nationaliste) ont respectivement obtenu 28,41% et 9,7% des suffrages. La participation «tourne autour de 65%», a précisé la commission électorale centrale.

Cette majorité sera suffisante aux communistes pour gouverner seuls et faire adopter des lois. En revanche, 61 voix leur sont nécessaires pour réélire Vladimir Voronine. Il leur faudra donc s'assurer du soutien d'une poignée de députés.

«Ingérence russe»

Vladimir Voronine a accusé hier la Russie d'«ingérence» dans les législatives. Il a affirmé que cela avait porté atteinte au score de son parti. «Nous ne sommes pas entièrement satisfaits des résultats. Objectivement, nous nous attendions à plus. Mais c'est à cause de l'intervention de forces qui se sont ingérées dans notre élection», a déclaré le président, accusant la Russie. Mais selon la commission électorale centrale, il n'y a pas eu de graves irrégularités qui auraient pu modifier le résultat. «La plupart des réclamations portaient sur les procédures de vote», a déclaré l'un de ses membres.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a également jugé que les élections s'étaient de manière générale déroulées conformément aux critères démocratiques. Elle a néanmoins noté un recul par rapport à 2001. Entre autres insuffisances, les 750 observateurs internationaux ont relevé des cas d'«obstruction» à l'égard de partis lors de la campagne et de «harcèlement de candidats et de médias de l'opposition».

Parmi les observateurs figuraient les conseillers nationaux suisses Rosmarie Zapfl et Andreas Gross. Joint par l'ATS, ce dernier a tenu à souligner que la Moldavie est la seule des anciennes républiques de l'URSS à avoir être régie par un système parlementaire et non pas présidentiel. Il a néanmoins critiqué la barrière des 6% de voix que doivent atteindre les partis pour être représentés. Ce qui fait que 40% des Moldaves ne sont pas représentés au parlement, selon Andreas Gross.

Avec la victoire des communistes, le virage pro-occidental récemment pris par Vladimir Voronine, suivant ainsi une opinion publique fatiguée des ingérences de la Russie, devrait donc se confirmer dans les mois à venir. Une orientation qui ne plaît pas à la Russie. Les passes d'armes entre Moscou et le président Voronine se sont d'ailleurs multipliées ces dernières semaines. La Moldavie a notamment expulsé des dizaines de ressortissants russes accusés par le président Voronine – arrivé au pouvoir en 2001 avec un programme pro-russe – de se livrer à de «l'ingérence» dans les législatives.

La rupture entre les deux pays est principalement liée à la question de la Transnistrie, république séparatiste en territoire moldave, soutenue par la Russie. Celle-ci y maintient d'ailleurs des troupes malgré des accords internationaux prévoyant leur retrait.