Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré mardi à Tokyo que la production électrique d’origine nucléaire va continuer de croître dans le monde, malgré l’accident survenu en mars à la centrale de Fukushima au Japon, le pire depuis 25 ans.

«Il est certain que le nombre de réacteurs nucléaires va encore augmenter, même si le rythme ne sera pas aussi rapide qu’avant», a assuré Yukiya Amano.

Le directeur général de l’AIEA, un ancien haut diplomate japonais, a fait cette déclaration à l’issue d’un entretien avec le premier ministre nippon, Naoto Kan, lequel plaide en revanche pour une élimination progressive des centrales nucléaires au Japon, où le risque sismique est très élevé.

Lutter contre le réchauffement climatique

«Certains pays, dont l’Allemagne, ont revu leur politique en matière d’énergie nucléaire, mais de nombreux autres pensent qu’ils ont besoin des réacteurs nucléaires, notamment pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique», a argué M. Amano.

M. Amano, qui a visité lundi la centrale accidentée de Fukushima (nord-est) et rencontré les victimes de la contamination radioactive émanant du site, a assuré à M. Kan que l’AIEA aiderait le pays à maîtriser l’accident.

Quatre des six réacteurs de la centrale Fukushima Daiichi ont été gravement endommagés le 11 mars par le terrible séisme et le tsunami géant qui ont dévasté la région du Tohoku (nord-est de l’Archipel). Quelque 36 réacteurs sur les 54 que compte le Japon sont actuellement stoppés à cause du séisme ou parce qu’ils n’ont pas été réactivés après une maintenance de routine, par précaution.