Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche en Australie, avant des rassemblements à Londres, Rio ou New York, au troisième jour de marches mondiales pour exiger un accord ambitieux des 150 chefs d’Etat qui se réunissent lundi en France pour une conférence cruciale sur le climat.

L’Australie ouvre la marche

Depuis vendredi, des dizaines de manifestations sont organisées partout dans le monde pour réclamer des mesures fortes contre le réchauffement climatique et faire pression sur les représentants des 195 pays qui vont se retrouver au Bourget, au nord de Paris, jusqu’au 11 décembre.

Dimanche, 45 000 personnes ont défilé à Sydney, 5000 autres à Adélaïde. «Il n’y a pas de planète B», «Solidarité mondiale», pouvait-on lire dimanche sur des pancartes à Sydney. De nombreuses îles du Pacifique risquent d’être purement et simplement rayées de la carte par le réchauffement de la planète, qui s’accompagne déjà d’une élévation du niveau des océans.

Ailleurs, un millier de manifestants a bravé la pluie dans les rues de Séoul tandis qu’un rassemblement s’est tenu à Delhi. Londres, Rio de Janeiro, New York ou Mexico devaient reprendre dans la journée le flambeau de cette mobilisation mondiale.

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En France, les manifestants bravent l’état d’urgence

A Paris, les manifestations ont été interdites après les attentats du 13 novembre, et la Coalition climat 21, regroupant 130 organisations, a appelé à former, dimanche, une chaîne humaine dans l’est de la capitale. Plus grande conférence climatique jamais organisée, la COP 21 débutera lundi sous très haute sécurité, deux semaines après les attentats djihadistes qui ont endeuillé la France (130 morts), et en raison de la présence de 150 chefs d’Etat ou de gouvernement.

François Hollande (France), Barack Obama (Etats-Unis), Xi Jinping (Chine), Narendra Modi (Inde) ou encore Vladimir Poutine (Russie) doivent prendre la parole lundi. Environ 40’000 personnes, dont 10’000 délégués, sont attendues chaque jour – un défi sécuritaire pour les organisateurs.

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Sécurité maximale

Protégés par 2800 policiers et gendarmes, les participants à la conférence tenteront de sceller un accord mondial pour limiter à 2 degrés la hausse du thermomètre par rapport à l’ère préindustrielle. Faute de quoi, les climatologues prédisent l’aggravation de phénomènes déjà visibles, comme la fonte des glaciers, la disparition d’espèces, l’intensification des épisodes météorologiques extrêmes.

Paris est également placée sous haute surveillance, avec la mobilisation de 6300 policiers et militaires. La circulation sera interdite ou restreinte sur plusieurs axes et les habitants ont été appelés à rester chez eux, par crainte d’une trop grande affluence dans les transports publics.

Conditions réunies

Les travaux de la COP21 commenceront cependant dès dimanche, son président, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, ayant convoqué une assemblée plénière pour définir la feuille de route des négociateurs avant l’ouverture officielle.

«Les conditions sont réunies pour un succès mais il n’est pas encore acquis», a déclaré Laurent Fabius, qui s’est félicité que 183 pays, représentant 95% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, aient fait des promesses chiffrées de réduction de leurs émissions. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a «appelé les dirigeants du monde à trouver un terrain d’entente», soulignant qu'«il n’y a jamais d’accord parfait».

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Avant de s’envoler samedi soir pour la France, le président bolivien Evo Morales, critique acerbe de l’économie néolibérale, a plaidé à Santa Cruz, dans l’est de la Bolivie, pour la création d’un «tribunal sur le changement climatique pour que les pays qui ne respectent pas (les objectifs mondiaux) soient jugés».