Le ministre allemand des finances Peer Steinbrück réitère ses critiques contre la Suisse et son secret bancaire. Selon lui, la Suisse «incite les étrangers à enfreindre les lois de leurs pays» et cela est contraire aux règles de l’OCDE.

Dans une interview publiée jeudi dans le journal allemand «Süddeutsche Zeitung», le ministre allemand social-démocrate estime que sans la pression internationale, la Suisse et d’autres paradis fiscaux n’auraient pas annoncé d’assouplissement du secret bancaire.

Le Conseil fédéral a annoncé la semaine dernière un assouplissement du secret bancaire. Le gouvernement a indiqué qu’il retirait sa réserve aux règles de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) sur l’assistance administrative en matière fiscale.

A la suite de cette annonce, Peer Steinbrück avait déjà émis des critiques à l’encontre de la Suisse. Lors d’une réunion du G20 samedi près de Londres, le ministre d’Angela Merkel avait affirmé que la menace d’une éventuelle «liste noire» des paradis fiscaux incluant la Suisse aurait un caractère dissuasif, comparable à une «cavalerie» qui ferait peur aux «Indiens».

Ces attaques du ministre allemand ont plané mercredi sur le débat urgent du Conseil national sur le secret bancaire. Comme déjà la veille au Conseil des Etats, des élus ont exprimé leur mécontentement et leur incompréhension.

Les propos tenus par le social-démocrate allemand ont été jugés inadmissibles par des députés de droite comme de gauche. Le PDC saint-gallois Thomas Müller s’est distingué en affirmant que Peer Steinbrück donne une nouvelle image du «méchant Allemand». «Il me rappelle cette génération d’Allemands qui se promenait dans les rues il y a 60 ans avec des manteaux en cuir, des bottes et des brassards», a lancé le député.

Le ministère allemand des finances s’est défendu mercredi d’avoir «manqué de respect» à la Suisse, après les propos de son chef au G20. Peer. Steinbrück «ne s’est montré en aucune manière irrespectueux» de la Suisse et de ses citoyens, a affirmé lors d’une conférence de presse son porte-parole Torsten Albig.

Peut-être que la Suisse n’est «pas à l’aise du fait d’être en dehors des règles de l’OCDE. Nous pouvons le comprendre. Nous pouvons aussi vous demander de faire un pas dans notre direction, et alors des comparaisons très anodines ne seront plus si désagréables pour vous en Suisse», a poursuivi Torsten Albig.