L’essentiel

L’Office fédéral de la santé publique a annoncé le raccourcissement de la durée de quarantaine pour les personnes ayant eu un contact étroit avec un malade, de dix à sept jours. Plusieurs cantons ont annoncé qu’ils s’y rallient.

La France impose le masque dans les transports et les gares dès 6 ans.

La conseillère d’Etat vaudoise Nuria Gorrite, qui préside le gouvernement, a été testée positive. Elle est placée en quarantaine jusqu’au lundi 6 janvier.

 

Retrouvez notre suivi de la journée de samedi.


■ Manifestation à Amsterdam contre les restrictions sanitaires

Des milliers de personnes étaient rassemblées dimanche à Amsterdam pour protester contre les restrictions sanitaires en vigueur aux Pays-Bas, où un nouveau confinement a été imposé une semaine avant Noël face à la propagation du variant Omicron.

Malgré l’interdiction en amont de la manifestation par les autorités, de nombreuses personnes se sont rassemblées sur la Museumplein, l’une des principales places de la capitale néerlandaise.

Des affrontements avec la police ont fait plusieurs blessés légers et les forces de l’ordre ont procédé à des arrestations, selon la télévision publique néerlandaise NOS. «Ici c’est la Hollande! Pouvoir au peuple!», a scandé un des manifestants.


■ La France va réduire à quatre mois le délai pour la dose de rappel

Le délai pour faire sa dose de rappel de vaccin va être réduit en France, à partir du 15 février, à quatre mois maximum au lieu de sept pour pouvoir conserver un pass sanitaire valide, a annoncé le ministre français de la Santé Olivier Véran.

La règle actuellement en vigueur est qu’à partir du 15 janvier, le pass sanitaire devient inactif au bout de sept mois en l’absence de dose de rappel, souvent appelée troisième dose.


■ La Chine se félicite pour la baisse des cas à Xi’an

Les nouvelles contaminations ont atteint leur plus faible niveau ces sept derniers jours à Xi’an, ville chinoise confinée depuis onze jours, ont déclaré des responsables de santé publique. Dimanche, 122 nouvelles infections – son plus faible niveau depuis le 25 décembre – au coronavirus ont été enregistrées dans cette ville historique du nord du pays, célèbre pour l’armée souterraine du premier empereur de Chine, contre 174 la veille.

Selon Zhang Canyou de l’agence chinoise de contrôle des maladies, la stratégie de dépistage massif, couplé à l’impact du confinement ont donné lieu à «quelques changements positifs», a-t-il déclaré à la Télévision centrale de Chine (CCTV). 16 patients sont toutefois dans un état «grave», selon la Commission nationale de la santé.


■ Un vaccin prévu sous forme de patch va être testé à Unisanté

Un vaccin contre le Covid-19, à terme sous forme de patch, va être testé à Unisanté à Lausanne sur 26 personnes volontaires et saines dès le 10 janvier. Il pourrait se révéler efficace contre les variants et assurer une protection à long terme contre la maladie. Ce vaccin de nouvelle génération fonctionne sur un principe différent des vaccins actuels et n’utilise pas l’ARN messager. Il vise à induire une immunité cellulaire plutôt que la production d’anticorps, en misant sur les lymphocytes T pour éliminer les cellules infectées par le virus et éviter qu’il ne se réplique.

«L’objectif est de développer une réponse cellulaire contre différentes protéines du SARS-CoV-2, afin de fournir une protection de longue durée et plus large contre les variants», explique Alix Miauton, cheffe de clinique à la Policlinique Médecine tropicale, Voyages et Vaccinations à Unisanté. «Il s’agit d’un vaccin complémentaire aux autres vaccins déjà existants, qui sont performants. Il ne vise pas à les remplacer», souligne la doctoresse, médecin co-coordinatrice de cet essai clinique.

Afin d’évaluer la sécurité de ce vaccin PepGNP-Covid19 administré pour la première fois chez l’être humain, Unisanté a été mandaté par la société biotech britannique Emergex Vaccines pour réaliser cette étude clinique de phase 1. «Le but est de déterminer si le vaccin est sûr et s’il n’induit pas d’effets secondaires indésirables sévères chez des volontaires sains», relève Alix Miauton.

Approuvée par Swissmedic, l’étude sera réalisée à Lausanne avec la collaboration du Centre de recherche clinique (CRC) du CHUV-UNIL et du service d’immunologie et d’allergie du CHUV. Elle est conduite sous la responsabilité du professeur Blaise Genton, co-chef du Département Formation, Recherche et Innovation à Unisanté. Elle débutera le lundi 10 janvier et chacun des 26 volontaires sera suivi pendant six mois. Le vaccin sera administré grâce à des micro-aiguilles de moins d’un millimètre de profondeur, précise encore Alix Miauton. A ce stade, le vaccin n’est donc pas encore un patch. Les premiers résultats seront disponibles d’ici cet été, sans doute en juin. Si les essais cliniques de phase 1 puis 2 et 3 aboutissent à des résultats satisfaisants, le vaccin sous forme définitive de patch sera disponible au plus tôt en 2025.


■ Le vice-président de la taskforce scientifique s’inquiète du variant Omicron

Le vice-président de la taskforce scientifique de la Confédération, Urs Karrer, met en garde contre le danger de sous-estimer le variant Omicron du coronavirus. «Pour l’instant, nous partons du principe qu’Omicron est moins virulent que Delta, mais tout aussi pathogène que le variant qui a coûté la vie à près de 10 000 Suisses il y a un peu plus d’un an», explique-t-il dans la NZZ am Sonntag. «Notre plus grande inquiétude est de devoir traiter un très grand nombre de patients Covid-19 en janvier et en février tout en manquant cruellement de personnel, parce que les collaborateurs nécessaires seraient malades, en isolement ou en quarantaine.»


■ La moitié du pays malade en quelques semaines?

La moitié de la population suisse pourrait tomber malade du Covid-19 en quelques semaines, indique à la SonntagsZeitung Richard Neher, membre de la taskforce de la Confédération. Il suffit pour cela que le variant Omicron continue de se propager au rythme actuel.

Une contamination à hauteur de 30 000 cas par jour est vraisemblable pour janvier, assure Richard Neher dans une interview à l’hebdomadaire alémanique. Les premières données qui proviennent de Grande-Bretagne et d’Afrique du Sud, le variant Omicron se révèle «un peu moins coriace» que d’autres, poursuit le chercheur. La quantité d’hospitalisations n’est toutefois pas négligeable.

«Le nombre de cas augmente très rapidement et nous n’avons plus beaucoup de marge de manœuvre dans les hôpitaux», rappelle-t-il. Même si seule une petite partie des personnes infectées est hospitalisée, une avalanche de cas en peu de temps peut rapidement amener le système à saturation. Si l’on veut éviter une crise majeure, «il faut freiner tout de suite la propagation». Parmi les mesures sanitaires potentielles, le scientifique a pointé les restrictions imposées aux grandes manifestations et aux espaces intérieurs où la population continue de se rencontrer sans masque.

Selon lui, le plus gros de la vague Omicron pourrait être passé fin janvier. A partir d’un certain moment, le virus commencera à manquer d’hôtes, comme c’est le cas actuellement dans certaines régions d’Afrique du Sud. Cependant, le virus «ne disparaîtra pas et nous occupera certainement encore l’hiver prochain», prévoit Richard Neher, «même si ce n’est pas au point de provoquer une nouvelle crise».


■ Une situation «encore gérable», selon Ignazio Cassis

Le président de la Confédération Ignazio Cassis estime qu’il n’est pas nécessaire d’agir dans l’immédiat. A court terme, il faut éviter une surcharge des unités de soins intensifs, mais leur taux d’occupation actuel d’environ 80% dans tout le pays paraît «encore gérable», affirme le conseiller fédéral et ancien médecin cantonal tessinois dans une interview au Matin dimanche et au SonntagsBlick.

On pourrait accroître les capacités si cela s’avérait nécessaire, mais ce n’est pas le cas pour l’instant, souligne Ignazio Cassis. Si se formaient ci et là des goulets d’étranglement, «la solidarité intercantonale entrerait en jeu, comme durant la première vague». Et «nous sommes prêts à réagir à tout moment, y compris en mobilisant des moyens au niveau fédéral, comme la protection civile ou l’armée.»