Le vétéran ultra-nationaliste de la vie politique russe Vladimir Jirinovski est mort à 75 ans, a annoncé mercredi le président de la Douma. Classé à l’extrême droite, Vladimir Jirinovski a participé à presque toutes les présidentielles de la Russie moderne.

«Sa personnalité est tellement énorme qu’il est difficile d’imaginer le développement du système politique de la Russie moderne sans lui», a écrit Viatcheslav Volodine sur sa chaîne Telegram au sujet du défunt trublion, qui avait toujours pris soin de ne pas s’opposer au président Vladimir Poutine. «Il comprenait profondément comment le monde fonctionnait, et a prédit beaucoup de choses», a-t-il poursuivi.

Ses collègues députés lui ont rendu hommage par une minute de silence au sein de la Douma à cette personnalité explosive et détonante. «Vladimir Jirinovski était un politicien expérimenté, énergique, ouvert à la discussion et un orateur et polémiste éclatant», a noté Vladimir Poutine, selon un communiqué. «Toujours, quel que soit l’auditoire, dans les conversations les plus tendues, il défendait une position patriotique et les intérêts de la Russie», a-t-il ajouté.

Opposant bruyant

Vladimir Jirinovski était donné à l’agonie par de nombreux médias russes depuis des semaines après avoir contracté le Covid-19. Viatcheslav Volodine a fait état lui d’une «longue maladie». Le ministère de la Santé a lui indiqué aux agences russes que de «grands spécialistes, médecins, se sont battus pour sa vie jusqu’au bout». Sa mort «est un coup porté à la Russie, pour l’armée de ses partisans», a commenté pour sa part le Parti libéral-démocrate (LDPR), qu’il a dirigé pendant plus de 30 ans. Cette formation a toujours été représentée dans les instances locales et nationales, jouant le rôle d’opposant bruyant mais pas rebelle.

Ce sont ses diatribes, ses élans guerriers et ses apparitions improbables qui restent dans les mémoires des Russes: Vladimir Jirinovski avait notamment jeté un verre d’eau dans un débat en insultant son adversaire et s’était battu dans l’enceinte du Parlement avec un député. Son dernier coup d’éclat remonte au 27 décembre, lorsqu’il avait prédit que 2022 «ne sera pas une année pacifique. Ce sera l’année où la Russie redeviendra une puissance», avait-il ajouté, appelant à «attendre le 22 février». Hasard de calendrier ou pas, c’est le 21 février que Vladimir Poutine avait reconnu les séparatistes prorusses du Donbass ukrainien, avant de faire entrer ses troupes en Ukraine trois jours plus tard.