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Royaume-Uni

Ces morts suspectes de Russes

Des proches de Boris Berezovski et des experts doutent de la thèse du suicide de l’oligarque russe, mort samedi dans sa villa près de la capitale britannique

Les premiers éléments de l’enquête de police sur la mort de l’oligarque Boris Berezovski semblent confirmer la thèse du suicide. Retrouvé samedi dans la salle de bain de sa villa près de Londres, l’opposant de Vladimir Poutine est décédé par pendaison, indique l’examen post mortem. «Le médecin légiste n’a rien trouvé qui indique des violences», précise la police. L’enquête publique, qui s’ouvre jeudi, permettra peut-être d’en apprendre davantage. D'autres examens toxicologiques doivent aussi être réalisés.

Thèse du suicide: des doutes

Pourtant, plusieurs proches du millionnaire peinent à croire à cette thèse. «Ce n’était simplement pas le genre de personne qui se suicide, cela va à l’encontre de tout ce que je sais de cet homme», témoigne au Temps Yuri Felshtinsky, ami de Boris Berezovski et auteur du livre The Putin Corporation (2012, non traduit). Il y a encore un mois, les deux hommes étaient au téléphone pour arranger le transfert entre deux écoles de la fille de l’oligarque. Nikolai Glushkov, un exilé russe, et Galina, l’ancienne femme de Berezowski, ont également affirmé au Guardian douter du suicide.

Les morts soudaines de Russes du côté de Londres sont un peu trop nombreuses au goût de Yuri Fel­shtinsky pour ne pas être sus­pectes. La plus connue est celle d’Alexander Litvinenko, en 2006. Cet ancien espion qui avait reçu l’asile politique au Royaume-Uni, et qui était l’ami de Boris Berezovski, avait été empoisonné au polonium 210 (radioactif) versé dans son thé. Depuis, Londres demande l’extradition du présumé assassin, Andrei Lugovoi, un agent des services secrets russes. L’affaire a provoqué de très vives tensions diplomatiques entre la Russie et le Royaume-Uni, dont les relations commencent à peine à se normaliser.

A cela s’ajoute la tentative d’assassinat contre le banquier German Gorbuntsov, qui s’est fait tirer dessus l’an dernier près du quartier d’affaires de Canary Wharf, tombant dans le coma et échappant de peu à la mort. Autre affaire: en novembre, Alexander Perepilichnyy s’est écroulé sans vie pendant son jogging près de chez lui dans le Surrey, au sud-ouest de Londres, pour des raisons qui restent inconnues. L’homme était un ancien financier, en exil depuis 2009 après avoir découvert un large réseau de fraude fiscale, qui passait notamment par un compte de Credit Suisse. Il en avait transmis les preuves, provoquant l’ouverture d’une enquête en Suisse et le gel d’actifs. «En Russie, les oligarques ne meurent pas de crise cardiaque. A Londres, si», ironise Yuri Felshtinsky.

Selon lui, les autorités britanniques n’ont d’ailleurs aucune envie de trop creuser le dossier de la mort de Boris Berezovski. «Son décès les arrange bien. Le chapitre, qui s’était ouvert avec la mort d’Alexander Lit­vinenko, se referme.» James Nixey, spécialiste des affaires russes, rejette cependant cette théorie, jugeant que Boris Berezovski ne comptait guère aux yeux du Kremlin. «L’homme n’a jamais été aussi influent qu’il ne l’affirmait mais, ces dernières années, il n’était plus que la caricature de lui-même.»

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