La Russie demande le report des exercices que l’OTAN a prévu d’organiser en mai en Géorgie, indique -t-on ce jeudi auprès de la mission russe auprès de l’Alliance. Selon Moscou, ces exercices «ne peuvent que compliquer une situation déjà pas simple dans la région», indique un porte-parole de la mission, citant les tensions avec l’Ossétie du sud et l’Abkhazie et les manifestations de l’opposition contre le président géorgien Mikheïl Saakachvili.

De son côté, un porte-parole de l’OTAN indique que le secrétaire général de l’Alliance, Jaap de Hoop Scheffer, n’a encore reçu aucune demande de report de Moscou, et rappelle que les exercices prévus, du 6 mai au 1er juin, ne sont «en aucun cas une surprise», puisqu’ils font partie des exercices réguliers planifiés dans le cadre du Partenariat pour la paix dont la Géorgie fait partie, et qu’ils sont en préparation depuis le printemps 2008.

Il ajoute qu’il s’agit d’ exercices essentiellement de coordination, qui n’impliquent «aucun équipement militaire lourd... Il n’y a aucune controverse, aucune surprise, et aucun lien avec la situation en Géorgie ou dans la région».

Un nouveau coup de froid malgré Obama

Les relations entre la Russie et l’alliance, déjà tendues depuis que l’OTAN avait promis en avril 2008 d’intégrer un jour en son sein la Géorgie et l’Ukraine, ont pris un sérieux coup de froid avec le conflit russo-géorgien d’août 2008. La Russie a dans la foulée reconnu l’indépendance des régions séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud, reconnaissance condamnée comme une violation de l’intégrité territoriale de la Géorgie par l’OTAN.

Mais les liens se sont réchauffés depuis le début de l’année, à la faveur notamment de la volonté affichée de la nouvelle administration américaine de «remettre à zéro» ses relations avec Moscou. Le président américain Barack Obama doit d’ailleurs se rendre à Moscou en juillet.

Les deux chefs d’Etat ont aussi annoncé le lancement de négociations ambitieuses sur une réduction de leurs arsenaux nucléaires.

C’est donc dans un contexte d’apaisement qu’intervient la nouvelle demande de Moscou. L’agence Interfax cite même ce jeudi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui évoque avec les moeuvres une «manifestation de soutien de l’OTAN au régime géorgien», qui «enverra difficilement un message correct à ceux qui souhaitent sincèrement la stabilisation dans le Caucase».

La Géorgie a réagi en accusant Moscou d’ingérence, en lui demandant de «renoncer à ses politiques du temps de la guerre froide consistant à faire pression de manière grossière et injuste sur ses voisins.»