Dans la crise qui se noue le long du détroit d’Ormuz, le Kremlin ne sait pas sur quel pied danser. Belligérant entreprenant des manœuvres militaires conjointes avec Téhéran ou médiateur entre l’Iran et ses adversaires? Ces derniers jours, Moscou balance entre les deux options, ce qui pourrait refléter des dissensions au sein du pouvoir russe. D’un côté, le Ministère de la défense penche vers un rapprochement avec les Iraniens. De l’autre, le Ministère des affaires étrangères s’efforce de conserver un rôle central dans la région. Sa capacité à dialoguer avec tous les acteurs lui permettant de marginaliser Washington.

Pressé de s’appuyer sur un allié de poids, le commandant de la marine iranienne, Hossein Khanzadi, clamait lundi lors d’une visite à Saint-Pétersbourg qu’un exercice naval conjoint serait «prochainement» organisé dans «l’océan Indien, y compris dans le détroit d’Ormuz». A cette occasion, l’état-major des forces armées iraniennes et le Ministère russe de la défense ont signé un mémorandum d’accord dans le but de resserrer leurs liens bilatéraux. «C’est le premier protocole d’accord de ce type, et il peut être considéré comme un tournant dans les relations de Téhéran et Moscou en matière de défense», a déclaré l’amiral iranien, cité par l’agence Tass.