«Sur décision du président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev, les copies électroniques de documents originaux sur le’problème de Katyn’du’dossier n°1’ont été publiées», est-il écrit sur le site de l’Agence fédérale des archives rusarchives.ru.

Une note du chef du NKVD, Lavrenti Beria, portant aussi la signature du dictateur soviétique Joseph Staline, où il est proposé d’exécuter les officiers polonais, figure parmi les sept documents mis en ligne. «Ces documents ont été déclassifiés en septembre 1992 et, sur ordre du président russe Boris Eltsine, les copies ont été transmises à la partie polonaise», rappelle un communiqué des archives russes.

Quelque 22’000 officiers polonais, prisonniers de l’Armée rouge, ont été abattus dans la forêt de Katyn, à Kharkiv et à Mednoïe, à la suite de l’invasion par l’URSS en septembre 1939 des régions polonaises de l’Est, en vertu du pacte germano-soviétique. Pendant des décennies, l’Union soviétique accusait les Nazis d’avoir commis ces assassinats. Ce n’est qu’en avril 1990 que le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a reconnu la responsabilité de son pays.

Pas toutes les archives

L’ONG russe Memorial, qui se bat pour accéder aux documents encore classifiés, a salué cette mise en ligne mais a émis des réserves. «Une telle publication sur un site officiel russe est un motif de réjouissance mais c’est avant tout symbolique», relève Ian Ratchinski, de Memorial. «Ces documents sont bien connus et depuis longtemps. Le problème n’est donc pas réglé car il reste des volumes sur l’enquête de Katyn qui sont toujours secrets.» Les textes mis en ligne mercredi étaient en effet accessibles «en salle de lecture» et sans «restriction» aux visiteurs des archives socio-politiques russes, a indiqué son directeur Oleg Naoumov.

Le chef des Archives fédérales russes, Andreï Artizov, a lui expliqué que ces documents ont été publiés afin de réduire au silence ceux qui nient la culpabilité soviétique. «Certains disent que le crime de Katyn est un faux, que les documents (le prouvant) sont des faux, c’est pourquoi la décision a été prise de mettre en ligne la forme électronique des originaux», a-t-il dit, selon l’agence RIA Novosti.

La question des massacres de milliers d’officiers polonais, notamment dans la forêt de Katyn, empoisonne depuis des années les relations entre la Russie et la Pologne qui réclame les documents encore classifiés. Mais depuis la catastrophe aérienne en Russie qui a coûté la vie début avril au président polonais Lech Kaczynski, Moscou donne des signes d’ouverture sur ce dossier.

A la suite d’une plainte de Memorial, la Cour suprême russe a ainsi infirmé un jugement classant «secrète» la décision de clore l’enquête sur Katyn, et le président de la commission des affaires étrangères de la Douma, Konstantin Kossatchev, a réclamé que les archives restantes soient rendues publiques.