Le Quartette pour le Proche-Orient s’est réuni vendredi à Moscou pour tenter de relancer le dialogue israélo-palestinien dans un contexte délicat en raison des tensions entre Israël et les Etats-Unis et d’un tir meurtrier de roquettes depuis Gaza.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, ainsi que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon se sont retrouvés dans une annexe du ministère russe des Affaires étrangères, a constaté l’AFP.

Les membres du groupe et le représentant du Quartette, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, devaient entamer leurs entretiens par un point de la situation, alors que Mme Ashton arrive tout juste du Proche-Orient. La haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères devait rendre compte à ses collègues de la visite qu’elle a effectué jeudi à Gaza, notamment de la situation humanitaire sur place.

En finir avec la colonisation

Le groupe a demandé à Israël de «geler» toutes les activités de colonisation et s’est dit «profondément préoccupé» de la détérioration de la situation à Gaza, a déclaré vendredi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon en lisant la déclaration issue de la réunion.

«Le Quartette exhorte le gouvernement israélien à geler toutes les activités de colonisation, y compris (destinées à) la croissance démographique naturelle, à démanteler tous les avant-postes construits depuis mars 2001 et à s’abstenir de procéder à des démolitions et des expulsions à Jérusalem-Est», selon le texte.

Le groupe avait condamné dès la semaine dernière l’annonce par Israël de la construction de 1600 nouveaux logements dans le secteur oriental annexé de Jérusalem.

L’Autorité palestinienne s’est félicitée vendredi de la déclaration du Quartette sur le gel de la colonisation et a exprimé son espoir de voir cet appel se traduire en actes, selon le négociateur palestinien Saëb Erakat.

Situation humanitaire «préoccupante»

Le Quartette s’est dit aussi «profondément préoccupé par la détérioration continue à Gaza, notamment la situation humanitaire et des droits de l’homme de la population civile». Il souhaite que les négociations au Proche-Orient conduisent à un accord d’ici à 24 mois, reprenant une suggestion présentée en janvier par le négociateur américain George Mitchell.

Ce règlement final devrait «mettre fin à l’occupation démarrée en 1967 et avoir pour effet l’émergence d’un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable, qui vivrait en paix et en sécurité au côté d’Israël et de ses autres voisins», selon la déclaration lue par M. Ban.

Après quinze mois d’impasse, les négociations entre Israël et les Palestiniens étaient sur le point de reprendre la semaine dernière, sous l’égide des Etats-Unis. L’annonce des nouvelles constructions, survenue en pleine visite du vice-président américain Joe Biden en Israël, a provoqué le retrait immédiat des Palestiniens, ainsi que l’ire de Washington, le plus proche allié d’Israël.

Mme Clinton n’en a pas moins réitéré vendredi la «solidité» du lien avec l’Etat juif. Elle a aussi qualifié «d’utile et productif» son entretien téléphonique de jeudi soir avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre, selon ses services, a suggéré lors de la conversation «des mesures visant à établir un climat de confiance», qui pourraient être prises par Israël et les Palestiniens.

La cheffe de la diplomatie américaine a indiqué qu’elle rencontrerait M. Netanyahu la semaine prochaine à Washington, où il est attendu pour le congrès annuel de l’AIPAC, le principal groupe de pression juif aux Etats-Unis.

Le négociateur américain George Mitchell sera retourné entre-temps dans la région, où il doit s’entretenir ce week-end avec M. Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.